ACTE I., SCÈNE V. l
LA DUCHESSE
Vous me faites souvei)t cet honneur, et vos conlinnclks attaques...
BOLINGEROKE.
Je n'ai pas d'antre moyen de me rappeler à votre souvenir.
LA DUCHESSE, itioiilranl le journal qu'elle lieiil i la main.
Rassurez-vous, Monsieur; je vous promets de ne pas oublier votre numéro d'aujourd'hui.
BOLmOBROKE.
Vous avez daigné lire...
LA DUCHESSE
Chez la reine, d'où je sors à l'instant.
B0L1^GBR0KE, Iroublé.
Ah ! c'est là...
LA DUCHESSE
Oui, Monsieur!.., l'officier des gardes de service venait d'apporter le Journal des gens à la mode...
EOLIINGBROKE.
OÙ je ne suis pour rien.
LA DUCHESSE, avec ironie.
Je le sais ! Depuis longtemps votre règne est passé ! mais dans les feuilles de ce journal, et à côté du vôtre, était une lettre du marquis de Torcy...
BOLINGBROKE
Adressée à la reine...
LA DUCHESSE
C'est pour cela que je l'ai lue.
BOLINGBROKE, avec indignitioa.
Madame!...
LA DUCHESSE
C'est du devoir de ma charge ! Surintendante de la maison de Sa Majesté, c'est par mes mains que doivent passer d'abord toutes les lettres. Vous voilà averti. Monsieur, et quand il y aura contre moi quelque épigramme, quelque bon mot que vous tiendrez à me faire connaître, vous n'aurez qu'à les adresser à la reine, c'est le seul moyen di; me les faire lire!