ACTE V, ?CÈ.\£ YI. ifj
liiiLlNGBHOKE.
Qirosl-co donc?
LA RKINE, iiionliMiil le cabinet à droite. Ilicll... j'avais cru entCtldrC de ce CÔlé. (Revenant i lui b'aio;nc»l.)
ISuii... A ce soir... à bientôt.
liOLlîSGBKOKE, s'éloignanl.
M.isham sera ici... avant onze heures. (BoiiMgbroke est soiii pai- i»
porte du fond, à gauclie.)
SCÈiNE VI.
LA REINE, ABIGAIL.
(La reine, qui vient de reconduire Bulingbruke, aperçoit, en redescendant le lliêllre, Abigaïl qui entre par la porte du fond i droite.)
LA RElNEj allant s'asseoir sur le canapé i gauche.
Ah! te voilà, petite? Eh bien!... et la duchesse?
ABIGAÏL
Ah ! si vous saviez!
LA REINEj s'asseyant.
Viens ici près de moi !... (A Abigaîl qui hésite à s'asseoir près de la reine.)
Viens donc! Qu'a-t-elie dit?
ABIGAÏL
Rien ! mais la colère et l'orgueil contractaient tous ses traits...
LA REl.NE, souriant.
Je le crois sans peine! car le message dont je t'ai chargée près d'elle lui désignait d'avance celle qui désormais allait la remplacer.
ABIGAÏL, élonnée.
Que dites-vous?
LA REINE
Oui, Abigaîl, oui, tu seras tout pour moi... ma confidente, mon amie. Oh! ce sera ainsi! car d'aujourd'hui je commande, je règne !... Achève ton récit... Tu crois donc que la duchesse est furieuse?
ABIGAÏL
•J'en suis sûre ! car en descendant le grand escalier, elle a dit à la duchesse de Noi'folk qui lui donnait le bras... (c'est miss Priée qui l'a entendue, et miss Price est une personne en qui l'on peut avoir coiiliaiice) elle a dit : « Quand je devrais me « perdre, je dcshouorerai la reine!... »
LA REINE
Oeifl!...
198 LE YEBRE B'eAU.
ABiCAÏL.
Et puis elle a ajouté : « Il vient de m'arrivin* d'importantes « nouvelles dont je profiterai. » Mais elles ^;e sont éloignées, et miss Priée n'a pu en entendre davantage
LA RKINE.
De quelles nouvelles voulait-elle parler?
ABIGAÏI,.
De nouvelles imnortantes.
LA REINE
Qu'elle vient d'apprendre?...
ABIGAÏL
Peut-être des nouvelles politiques...
LA REINE
Ou plutôt cette entrevue que nous avions projetée pour hier au soir?
ABIGAÏL
Où est le mal?
LA REINE
A coup sûr!... car hier si je désirais, et devant toi, interroger Masham, c'était pour une affaire grave et iiiiportimte... pour savoir jusqu'à quel point on m'abusait... pour connaître enfin la vérité !
ABIGAÏL
Ce qui est bien permis! surtout à une reine!
LA REINE
Tu crois?
C'est un devoir ! (Viveiiien'.)Et puis enfin^ qu'aurait-elieàdire?... Vous ne l'avez pas vu, (a pari.) grâce au ciel ! (Avec satisfaction.) Et maintenant qu'il est prisonnier... c'est impossible!
LA REINE, avec embarras.
Et si cela ne l'était pas?
ABIGAÏL, effrayée.
Que voulez-vous dire?
LA REINE, avec joie.
Tu ne sais pas, Abigaïl : il va venir, je l'attends!
ABIGAÏL, vivement.
Vous, Madame?
LA REINE, lui prenant la main.
Qu'as-tu donc?