ACTE I, SflÈNK ir
CLÉRAMBEAU.
CVst vrai ! mais que cela ne t'arrive plus...
AUNE
Ali ! c'est qno celte partition est si belle!... Ils disaient tous : tl ne fera jamais mieux... et moi^ je disais que si... N'est-ce pas, mon cousin, votre second ouvrage sera encore plus beau?... Vous me le promettez?...
EMMERIC.
Oui, ma cousine.
AUNE
Ne fût-ce que pour les confondre.. Et puis, ce soir, vous nous en jouerez quelque chose...
EMMERIC.
HECTOR, à Aline, d'un air de satisfaction.
J'irai à la répétition...
AUNE
Vous, monsieur Ballandard?
HECTOR
Il me l'a promis!..
ALINE
Et nous aussi, n'est-il pas vrai?... Vous nous y conduirez...
EMMERIC.
Trop heureux de vous donner le bras !
CLÉRAMBEAU.
Allons... voyons... il ne faut pas empêcher ton cousin de travailler !... Dis-lui adieu et descendons. (Il prend Mme par la ma.n et remonte avec elle le théâtre, pemlant qu'Einmeric traverse et va se placer à gauche, près d'Hector.)
ALINE
Un instant encore... C'est amusant d'être ainsi chez un garçon... avec son père, s'enlend... et puis, mon cousin est trèsbien logé... un piano superbe... C'est donc là que vous travaillez... que vous trouvez des mélodies si gracieuses... et (Prenant uq
cahier qui est sur la table, près du piano.) CC grOS Cahier... C'eSt VOtre
poëme... Ah! voyons...
CLÉRAMBEAU.
Mais, tu n'y penses pas... c'est d'une indiscrétion...
EMMERIC.
En quoi donc?...
Un opéra, c'est fait pour être vu,
/VLl.NE.
El Celuî-là, tout le monde le verra... je l'espère; je puis bien
commencer... (Redescendant le tliéâlre eu lisant le cahier.) Et VOlcl d'abofd des vers que je trouve très-bien!... (Usant sur le mannscril.)
En toi seule est mon âme, et ma vie, et mon être! Te quitter, c'est mourir!... te revoir, c'est renaître.
CLERAMBEAU, ramassant un papier qui vient de tomber.
Oui!... c'est du joli... Et ceux-ci : « Que cette soirée de de- « main, à l'Opéra, me rend heureuse, mon ami... »
ALIISE, avec émotion.
Mon ami...
CLÉRAMBEAU, à Emmeric, et s'interrompant.
Pardon !... mon neveu. (Se retournant vers Aline.) Ma fille... qu'as-tu donc?...
ALINE, s'efforçant de se remettre.
Moi!... rien!... Rendez cette lettre à mon cousin.
EMMERIC, avec embarras.
Du tout... ma cousine, elle ne m'appartient pas.
ALINE
Et à qui donc? A Ballandard.
A moi!...
CLÉRAMBEAU, riant.
Si tu peux nous prouver cela...
EMMERIC, passant près de la table à droile.
Très-aisément... voici l'adresse qui l'accompagnait... elle est de la même écriture... et vous voyez : « A Monsieur Ballan-
« dard, avoué, rue de Gaillon. » (U repasse près de BalIandard et reprend sa remière place.)
ALINE, avec joie.
Est-il possible?...
HECTOR, bas, à Emmeric.
Mais, mon ami!...
EMMERIC, de même.
Tais-toi donc!
CLÉRAMBEAU, stupéfait, et examinant l'enveloppe avec si fille.
C'est, ma foi, vrai!... Un cachet avec des armes... c'est une grande dame!... Qui aurait jamais cru cela?,,. Hector Ballan-
EMMERIC, hésitant.
HECTOR