ACTE III, SCÈNE VIII. ^/ i
IIKCTOR.
Non... Mais, coiiinie disait ce matin... qnelciu'im... (Avcccraimc.) que jo ne veux pas nommer... je crains toujours quehiue circonstance imprévue qui remette tout en questioiij et le désespoir de tout à riieure m'a fait trembler.
EMMERIC.
C'est vrai !... Pauvre femme!...
HECTOR
Tu la regrettes déjà ?
EMMERIC.
Non... mais je la plains.
HECTOR
Et moi, je ne plains personne que ceux qui se trouvent, malgré eux et à leur corps défendant, mêlés dans des aventures périlleuses où ils n'ont que faire! Si tu m'avais vu, tu ne m'aurais pas reconnu... J'étais stupide!...
EMMERIC.
Mon pauvre Ballandard!,..
HECTOR
Et moi qui enviais ton bonheur et les grandes dames!... Vive la jjourgeoisic! vive mademoiselle Giraut!... Elle est ici.
Comment cela?
HECTOR
11 y a du monde ce soir... quelques amis, et elle est arrivée la première.
EMMERIC
Et moi qui t'ai compromis près d'elle... Je vais lavoir... et, sous le sceau du secret^ lui avouer la vérité.
HECTOR, le retenant.
Garde-t'en bien.
EMMERIC.
Et pourquoi donc?
HECTOR
Tu ne peux pas t'imaginer combien j'ai gagné près d'elle depuis ce matin... elle est gracieuse... elle est aimable... elle ramène toujours la conversation sur cette passion que je te dois... et qu'elle ne me croyait pas capable d'inspirer!... Or, il paraît que les passions sont une affaire de morle et d'entraînement... Il suftît que quelqu'un commence... pour encourager les autres.
â78 " UNE CHAINE.
EMMERIC, souriant.
Et mademoiselle Victoria?...
HECTOR
Ce n'est pas ma faute... c'est la tienne! Je ne te demandais pas à être mauvais sujet; mais, maintenant que c'est reconnu et établi, tu comprends qu'il ne faut rien dire ! car, en m'ôtant mes torts, tu m'ôterais tous mes avantages,
C'est juste! Et je te les laisse... je te les laisserai tant que tu voudras...
HECTOR, lui prenant la main.
Je te remercie ! Et conçois-tu mon bonheur ?
E.MMERIC.
Il n'égale pas le mien... C'est Aline ! [i\ va au devant d'Aline qui sort
de l'aiipartcment à gauche.)