‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 243 sur 330 · ACTE IV^ SCÈiNE It · texte numérisé non relu

ACTE IV^ SCÈiNE It

mal de tète était clissi|)c,.. je Tai vu sans peine, car je n'ai jamais rien lu de plus clair, de plus précis et de mieux raisoiiiK'... c'est un chef-d'œuvre.

HECTOU, s'inclinant.

Monsieur !

M. DE SAINT-GÉRAN

Non... non... il n'y a i)lus de discussions possibles, je Regarde mon procès comme gagné, et j'aurais dû sur-le-champ passer chez vous ou vous écrire pour vous en remercier... mais hier, excusez-moi, une affaire aussi fAcheuse qu'imprévue...

HECTOR, balbutiant, à part.

Dieu! si je pouvais arriver à quelque arrangement. (Haut.) Une affaire bien malheureuse ..

M. DE SAINT-GÉRAN, souriant.

Quoi ! cela se sait déjà... c'est déjà connu?...

HECTOR, troublé.

De moi... de moi seul... Le hasard... la clienielle... et l'amitié... qui me lie...

c iW. DE SAINT-GÉRAN.

Amitié... dont je ne vous fais pas compliment.

HECTOR

Vous avez raison... Mais n'y aurait-il pas moyen, dans l'intérêt de tout le monde, d'arranger cette afifaire...

M. DE SAINT-GÉRAN

Elle est terminée... j'en sors...

HECTOR

Vous l'avez déjà vu ce matin?... 11 est à peine sept heures!

M. DE SAINT-GÉRAN

Nous nous sommes battus à cinq...

HECTOR

Mort... mort... Vous l'avez tué?

M. DE SAINT-GÉRAN

Je l'aurais dû peut-être!... mais au moment je me suis rappelé... qu'hier matin, en causant de lui, j'avais étourdiment promis de... c'est ce qui l'a sauvé... J'ai adressé tout uniment ma balle à l'épaule gauche.

HECTOR

0 ciel!... Et vous l'avez atteint?...

M. DE SAlsr-GÉKAN.

Parbleu !...

HECTOR, avec colSre et Iremblant.

Mais c'est horrible!... Monsieur, c'est atroce!

M. DE SAINT-GÉRAN

Vous le défendez?

HECTOR, hors de lui.

Oui... Monsieur. Je ne suis qu'un avoué... mais c'est égal... des qu'il s'agit d'un ami...

M. DE SAIÎST-GÉRAN, froidement et lui prenant la main.

Avant de m'accuser, lisez, Monsieur. Si vous aviez trouvé dans le secrétaire de votre femme une lettre comme celle-ci...

HECTOR, à part et jetant les yeux sur la lettre.

0 ciel!,., ce n'est pas l'écriture d'Erameric!

M. DE SAINT-GÉRAN

Faire la cour à ma femme... se plaindre de son indifférence Et même lui adresser une déclaration, surtout quand elle est dans ce style... peu m'importe... Mais ces deux lignes qui ne regardent que moi... (Reprenant la lettre et lisant.) « Coilime UOUS le disionS

l'autre jour à notre club... ce terrible amiral qui, avec sa longue vue marine, ne voit pas même ce qui se pas>c cliez lui... » Devais-je laisser impunies de telles offenses,., de tels propos tenus publiquement dans un club... par votre protégé le vicomte?...

HECTOR, à part.

C'est un vicomte!...

Le seul tort que j'ai eu c'est, quand cette lettre m'est tombée par hasard sous la main ,. de laisser éclater devant mon valet de chambre, qui était là, un premier mouvement de colère... que j'ai réprimée, car ma femme ne devait pas me savoir instruit de cette insulte qu'elle m'avait cachée avec raison, et je voulais d'abord écrire à Emraeric... le i)rier d'être mon témoin... mais cela aurait effrayé sa prétendue... J'ai pris un de mes officiers... un lieutenant de vaisseau avec qui je me suis rendu ce matin chez M. de Langeac.

HECTOR

M. de Langeac?...

M. DE SAINT-GÉBAN.

Votre ami... vous me l'avez dit...

HECTOR

Je veux dire... mon client... Tous mes clients sont mes amis,.. Mais maintenant que je sais ce qui s'est passé,., c'est bien différent.,, je ne le connais plus...

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