CI.ÉRAMBEAU
Ci.'St possible !... car, malgré moi, je te plains... je t'aime, je t'aimerai toujours, comme nion neveu, mais jamais comme mon gendre... et puisque tu ne peux ni la voir, ni lui parler... eh
bien! on écrit, cela n'en aura que plus de force... (jiomrant la table à gauche ) Mottez-vous là, MoHsieur, et écrivez.
EMMERIC.
Et que lui dire, mon Dieu!
CLÉRAMBEAU.
Je vais vous dicter : « Ma cousine^ il faut de la franchise, ie ne vous aime plus... »
EMMERfC, viTemeni,
Mais, je vous répète. Monsieur, que l'amour que j'éprouve pour elle est le plus sincère... le plus vrai... le plus ardent... et excepté cela, j'écfirai tout ce que vous voudrez.
CLERAMBEAU, avec impatience.
Alors, prenons un autre prétexte... (Dictant ) « Je vous aime... »
EMMERIC
A la bonne heure ! (Avec amour.) « Je vous aime... »
Cl ÉRAMBEAU, dictant.
« Mais je dois vous avouer que votre caractère... »
EM.MERIC, s'arrêtant, et avec chaleur.
Le caractère le plus duux, le plus aimable !
CLÉRAMBEAU.
Je ne dis pas non.
EMMERIC, de même.
L'esprit, la grâce, un cœur excellent.
CLÉR.\MBEAU, avec fierté.
Je le crois bien !
EMMERIC, vivement.
Vous en convenez vous-même, vous voyez bien que je ne peux rien dire contie sun caractère ; ce serait absurde, ce serait invraisemblable... Elle ne le croirait pas.
CLERAMBEAU, avec colère.
Ah! il faut cependant bien rompre... et que vous donniez ou non des motifs de votre refu^, vous refuserez ! puisque l'honneur d'un ami et le soin de vos jours peut-être, m'empêchent de parler et de dire la vérité.
EMMERIC, lioii de lui.
Eh bien! vous la direz... je le préfère!... S'il faut mettre fin à mes jours... autant qu'un autre prenne ce soin; je n'aurai pas, au moins, moi-même, signé mon arrêt... ce sera vous.
CLÉRAMEEAL.
Monsieur!... Uieul... M. de Saint-Géran!