‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 309 sur 330 · JULIETTE, THÉRIGNY · texte numérisé non relu

JULIETTE, THÉRIGNY

THÉKIGNY.

Eh bien! Madame?...

JiJLlETTE.

Eh bien! Monsieur?...

THÉRIGNY

Votre mari consent ..

JULIETTE

A qui la faute?... A vous!... car, d'abord, il refusait... et c'est vous qui, par vos explications...

THÉRIGNY

Pouvais-je ne pas les demander?... pouvai^-je seulement lais- ■ser planer l'ombre d'un soupçon sur celle que j'aime!...

JULIETTE

Non, sans doute... L'intention était n^ble et louable... mais dans le monde, ce sont toujours les bonnes intentions qui nous perdent.

THÉRIGNY

J'ai donc eu tort?

Un tort qui vous vaut mon estime et ma protection!...

THERIGNY.

Vous êtes bien bonne... mais, en attendant, voilà un l'ivai!...

JULIETTE

Qui a cinquante ans!...

354 oscAJi.

THÉRIGNY

Et quinze mille livres de rente et une noblesse... un désintéressement...

JULIETTE

Que je ne comprends pas, et qu'il n'a jamais eus... C'est jouer de maliieur!...

THÉRIGNY

C'est fait pour moi... Car, enfin, votre mari lui a formellement donné sa parole...

JL'UETTE.

Qu'il lui était impossible de refuser... Mais il se peut qu'il la relire.

THÉRIGOT.

Et qui pourrait l'y contraindre... Qui pourrait nous sauver?

JULIETTE, sourian

De nouveaux alliés. (Eiie sonne.)

THÉR1G^Y.

Que faites-vous?

Je sonne Manette, ma femme de chambre.

THÉRIGNY

Celle que vous avez envoyée à ce rendez-vous?

JULIETTE

N'en croyez pas un mot... Manette est une honnête fille... qui ne va à aucun rendez-vous, pas même par procuration,

THÉRIGNY

Et pourquoi, alors, avez-vous dit?..

JULIETTE

Pourquoi?... Parce que le mensonge rapporte souvent plus que la vérité... Vous en aurez la preuve...

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