ACTE II, SCÈND IX. ol
COQUENET, prcsenUnt une carie ;i Uiymond.
Monsieur VQudrait-il être de notre wliist?
RAYMOND, pr.rant l.i carte.
Très volontiers... (Coquenel retourne h la tab! : de whist et cumple les ficlies et les jetons.)
LUCIEN, à Raymond, qu'il prend pnr le Ijras.
J'ai vu tout à l'Iieiire, dans l'autre salon, des dames qui regardaient d'ciie en chuchotant et en causant avec ce M. de Sivry qui accompagne au piano... quel est-il?...
RAYMOND
Je l ignore. (Lui iT^onlranl Belleaii qui dais ce moment leur présente un plateau
He rafraichi-^sements.) Mais demande au garçon des bains; ces gensla savent tout. (Il retourne près du piano où M. de Sivry et les dames préludent à Toix basse.)
LUCIENj pendant que Belleau lui présenle !e plateau, prei d un verre d'eau sucrée.
Dis-moi, Belleau, quel est ce jeune homme... là... au piano?...
BELLEAU
Près de la jeune personne? (D'un air maiin.) Hein! comme ils se regardent, et comme ils ont Tair de s'entendre !... (Avec finesse et à Toix basse.) C'cst peul-ètre un des trois...
LUCIEN, étonné.
Comment, un des trois?
BELLEAU
Oui... Ton prétend qu'elle a déjà eu trois aventures...
LUCIEN, remettant son verre sur le plateau.
Morbleu !
BELLEAU
Prenez donc garde, vous avez mantiué de renverser mon plateau.
LUCIEN, chercbant i se contenir.
Pardon... (cherciiant à rire.) Eli!... de qui le sais-tu?...
BELLEAU
De personne; on en parlait tout à Thetire dans Taulre salon,
et tout le monde vous le dira : c'est connu... (Il «a présenter son plaleau à d'autres personnes.)
LUCIEN, à part.
Non, ce n'est pas possible, c'est absufùe!... ce n'est pas d'elle qu'il a voulu parkrl... ou plutôt j'ai malentendu, je ne suis pas dans mon bon sens...
COQUENET, lui montrant la table qui est prête. Si Monsieur veut tirer les cartes... (Lucien va a l.ilab!e, relou.ne une carte et revient près de Coquenel ) VoUS aVCZ l'aS de CffiUr.
LUCIEN, s'efforçant de rire.
Oui, Monsieur, mais une question... vous qui étiez tout à l'heure dans Tautre salon, avcz-vous entendu dire que cette jeune personne qui est au piano...
COQUENET, à voix basse.
Silence... il ne faut pas parier de cela; voussa\ez donc aussi?...
LUCIEN, dans le dernier trouble.
Mais... à peu près...
COQUENET, à voix basse.
Us disent trois ou quatre intrigues, mais ce n'est peut-être pas vrai ; il ne faut jamais croire que la moitié de ce qu'on dit...
(Lucien fait un geste de fureur et veut s'éloigner ; niiidame de Savenay se présente à lui à sa gauclie.)
MADAME DE SAVENAY
J'ai un deux, vous êtes mon partner... venez. Monsieur.
LUCIEN, hors de lui.
Oui, Madame. ^Il se retourne et Iruuve de l'autre côté Raymond et Coquenel.)
RAYMOND ET COQUENET, l'entraînant.
Allons, plaçons-nous...
DE GUIBERTj au piano.
Enfin nous sommes prêts .. nous commençons!... (m. deSivry,
qui est au piano, joue la ritournelle. — Raymond, Coquenet, madame de Savenay viennent de s'asseoir à la table île whist. — Lucien, debout encore, et prêt à s'a^seo^ regarde du côté du piano. — Les chanteurs, tenant leurs papiers de musique, vont couunenier le . morceau.]