ACTE II, SCÈNE Y. lil
mon doux seigneur et maître, pourquoi m'avoii* caché vos traits?
D'abord par prudence, et maintenant par crainte...
GIRALDA
Laquelle?
DON MANOEL
Tu m'as aimé sans me connaître, sans me voir, et je tremble maintenant que mon aspect ne détruise ce que je dois h mon absence et à ton imagination peut-être!
GIRALDA
Non ! car ce que j'aime en vous, ce sont les nobles sentiments qui vous animent... c'est votre loyauté, votre tendresse!
DON MANOEL
Eh bien ! cela devi'ait te suffire !
GIRALDA
C'est vrai... mais on a beau se raisonner, on tient à voir son mari... non pas que je ne vous connaisse, car d'avance votre portrait est là, dans mon cœur et devant mes yeux... je veux seulement comparer et savoir s'il est ressemblant... Vous ne pouvez pas me refuser !
DON MANOEL
Non, Giralda... mais si je n'étais pas ce que tu crois...
GIRALDA
Qu'en savez-vous?
DON MANOEL
Si tu allais ne plus m'aimer!
GIRALDA
Ce n'est pas possible!... (Montrant la chambre à gauche.) Dans la
pièce où j'étais tout à l'heure, il m'a semblé voir du feu briller encore dans l'àtre... Je vais allumer une lampe et je reviens, n'est-ce pas, mon mari?... il n'a pas répondu... il consent!... (Elle sort Tivement.)
DO.N MANOEL, seul.
Ah! Giralda! comment ne pas t'aimer!... toutes les beautés de la cour ne valent pas un de tes regards... Qu'entends-je?... cette croisée qui s'ouvre... qui ose venir ainsi?
112 GIRALDA