GIRALDA, LE ROI, DON MANOEL, UN AFFIDÉ DU SAINT- OFFICE
TRIO
LE RI II, à don Manoël.
L'histoire est fabuleusej admirable, sublime, N*e«t-il pas vrai?
DON MANOEL
Oui, sire.
LE ROI
Un mari complaisant.
Qui doit être en ces lieux et garde l'anonyme... DON MANOEL.
Il a tort !
LE ROt.
Oui, sans doute, il a tort d'être absent! De laisser dans les pleurs aussi trentille veuve! Notre devoir à nous est de la consoler!
DON MANOEL
Vous, sire?
Oh! oui, j'en veux du moins lenter l'épreuve, (a demi voix.) Si tu m'aimes, va-t'en !
DON MANOEL
Moi, sire, m'en aller!...
Je ne le puis!...
itë lilRALDA.
LE ROI
Comment!
DON MANOKL, eu coufidence.
J'ai reçu de la reine L'ordre formel de rester là...
De ne pns vous quitter!
LE ROI, riant.
Bon, je comprends cela.
(Lui montrant la table, à droite.) Eh bien ! tu peux dormir, lire ou faire sans peine Coniuie si tu n'étais pas là.
(S'adressaut à Giralda, qui, pendant les couplets suivants, a les yeux con» tamment fixés sur don Manoël.)
PREMIER COUPLET
Ange des cieux.
Charme des yeux!
0 rose, Fraîche éclose.
Loin du zéphir Et du plaisir.
Tu vas languir.
Nul ne vient te cueillir!
L'amour, les grâces Suivent tes tracesl Et cet amant Ose être absent!
Comment, hélas! Fuir tant d'appas!
Qui peut 1(S fuir ne les mérite pas!
(pendant ce couplet, don Manoël fait tous ses efforts pour se contenir.) GIRAI.DA, qui a toujours regardé don Manoël. Dans tous ses traits, quelle souffrance!
DON MANOËL, à part.
Ah! la rage brise mon cœur!...
GIRALDA, de même.
Je sens renaître l'espérance A voir son trouble et sa fureur!...
1>0N MANOËL
Écoutons!...
GIRALDA, de même.
Il écoute et tressaille! ô bonheur!