SCÈNE PREiMIÈRE
PERDICAN, puis PALOMITA.
PERDICAN, à la porte du foud.
Bourgeois de Séville, rentrez chez vous! n'obstruez pas ainsi la voie publique , et ne me forcez pas, moi Perdican , votre voisin et votre ami, à exercer contre vous mes rigoureuses fonctions d'alguazil... Bien... bien, ils obéissent... ils se séparent... ils rentrent dans leurs boutiques. Us font bien... car sans cela...
PALOMITA, entrant.
Eh ! mon Dieu! qu'est-ce donc, seigneur Perdican? qu'y a-t-il?
Vous ne savez pas la nouvelle ?...
PALOMITA.
Je ne sors jamais... je garde la maison du seigneur Velasquez, mon maitre, qui est toujours deliors, et qui n'a que moi de servante.
Eh bien, hier soir, iin jeiitie seigneur, qui sortait sanè doute d'un joyeux souper, traversait la grande place au monâent où la foule assistait à la sérénade, et piqué par unt curiosité que je comprends très-bien, il a essayé de soulever le voile blanc dont Lazarilla, la chanteuse, couvre toujours ses traits. Celle-ci, indignée, s'est enfuie... et ce matin, grande rumeur dans le quartier... Des groupes se sont formés sur la place... et l'on craint généralement que Lazarilla ne revienne pas ce soir...
PALOMiTA.
Et qu'est-ce que c'est, s'il vous plaît, que cette Lazarilla... cette chanteuse?...
L'idole du peuple et aussi des grands seigneurs : les uns viennent à pied et les autres en équipage pom' l'entendre.
PREMIER COrPLET.
Tous les soirs sur la grande place.
On voit la foule qui s'amasse!
Soudain au loin et dans la nuit.
Une guitare retentit.
Alors, la Gitana s'avance. Sa taille est pleine d'élégance; Mais les longs plis d'un voile épais A tous les yeux caclienf ses traits!
La foule houreuss
Et radieuse
Dit : La voilà !
C'est notre infante,
C'est la charmante
Lazarilla.
Elle commence,
Dieu! fiiiol silence!
Tra, la, la, la, la !
PALOMITA.
Quoi! dans la foule Elle roiicotilc Comme cela :
Tra, la, la, la, la!
PERPICAM.
Oui, dans la foule