SCÈNE I
rudes épreuves... Croiriez-vous que, cinq ou six fois, dernièrement, des cre'anciers se sont adressés à moi pour l'appréhender au corps... lui, mon pauvre Velasquezl
PALOMITA.
Vous avez refusé?..
Un autre s'en serait chargé; et il vaut mieux être arrêté dans la rue par un ami... que par un étranger... Je m'étais donc fait une raison , mais chaque fois qu'Oreste se disposait à verbaliser contre Pilade, le ciel, qui protège l'amitié et les arts, me venait en aide, et je recevais le montant de la somme exigible...
PALOMITA.
En vérité!..
Par un avis mystérieux qui me défendait sur ma tête de parler à Velasquez de ce secours inconnu, et m'ordonnait de lui laisser croire qu'il venait de moi; de sorte que mon pauvre ami est prêt, dans sa reconnaissance, à se jeter au feu pour moi, et, le cas échéant, ma position est telle que je ne pourrais pas l'en empêcher...
PALOMITA.
Il n'y a pas de mal, monsieur Perdican, cela le forcera à travailler, ne fût-ce que pour s'acquitter avec vous... Mais depuis quelque temps, je vous l'ai dit... il s'est fait en lui un changement inexplicable... 11 n'a plus de cœur à rien... il passe ses jom'nées entières immobile... taciturne... et dans une tristesse...
Dont je me suis aperçu... Un alguazil doit tout voir, tout savoir par état .. je le soupçonne amoureux...
PALOMITA, vivement.
Vous croyez?..
D'une grande dame!., la marquise de Villaréal qui est venue dans son atelier... pour ce portrait qu'il n'a pas encore achevé...
PALOMITA.
Ah! vous pensez...
Qu'un fol amour lui trouble l'esprit... car il comprend la
distance qui le sépare de celle qu'il aime... de là son découragement.
PALOMITA.
Oui ! mais sa mauvaise humeur, sa eolèrc contre moi , car depuis sa dernière maladie...
OÙ VOS soins lui ont sauvé la vie. .
PALOMITA.
Il m'a prise en grippe... 11 me déteste...
Vous, senorita, ça n'est pas possible... Vous qui toucheriez tous les cœurs... même ceux des alguazils... Car j'ai pour vous une affection ..
PALOMITA.
Que je vous rends bien , monsieur Perdican.
PERDICAN , avec joie.
Vraiment ?
PALOMITA.
Parce que vous êtes bon, obligeant, dévoué... Mais, lui, il me rudoie... il me gronde sans cesse...
VELASQUEZ, en dehors, appelant.
Palomita ! Palomita !
PALOMITA.
Tenez ! tenez ! rentendez-vc: