SCENE VI
PALOMITA ET VELASQUEZ.
Par exemple!..
Car Mariquita... a vu distinctement à travers le rideau... l'ombre se pencher vers le lit de Palomita... et l'embrasser...
PALOMITA, vivement.
Ce n'est pas... je l'am-ais senti . peut-être !
VELASQUEZ
Eh oui! c'est absiu-de!.. et Mariquita n'a pas le sens commun. Après avoir fermé le plus doucement possible la porte de la rue^, je me suis penché vers ma pauvre servante pour voir si je ne l'avais pas éveillée... Mais, comme je te l'ai déjà dit, elle dormait du plus pur et du plus profond sommeil... et, marchant sur la pointe du pied , je me suis éloigné d'elle...
PERDICAN , qui vient de tomber à deux genoux près de Palomita,
Senorita, pai'donnez-moi!.. J'étais un indigne... un misérable... ou plutôt j'étais un furieux... un jaloux... parce que depuis longtemps, et sans en parler à personne , je vous aime, à part moi...
VELASQUEZ
Toi...
Comme un enragé... et je n'en disais rien, pas même à toi, mon meillem* ami et mon obligé...
VELASQUEZ, à part.
Ah!., sans ce mot-là... je l'aurais déjà assommé!
Parce que j'espérais toujours de l'avancement que je vais enfin obtenir.. Le gouverneur Don Rodrigo de Cardona me l'a promis ce matin (a veiasquez.) à propos de l'affaire dont je t'ai parlé... (a Palomita.) Je suis un brave garçon... vous êtes une honnête fille... Une servante peut sans déroger épouser un alguazil.. un homme d'épée... Je mets la mienne à vos pieds., ainsi que ma main et mon sort, et le pauvre Balthazar Inigo Perdican attend votre réponse.
PALOMITA, avec embarras et regardant Vélasquez.
Cela ne dépend pas de moi... monsieur Perdican... demandez à mon maître... Je veux lui obéir en tout, et s'il l'ordonne...
ni LÀ CHANTEUSK VOILÉE.
VELASQLEZ. hésitant.
Moi...
PERDICAN , brusquement.
Eh oui!., prononce!.. J'ai assez fait pour toi... pour que tu
fasses quelque chose pour moi...
VELASQUEZ , de même.
Je ne demande pas mieux... mais il faut savoir avant tout... si elle n'en aime pas d'autre.
PERPICAN.
Pour cela, j'en réponds !
VELASQDEZ.
Et enfin, si elle t'aime...
Elle m'a avoué ce matin qu'elle avait pour moi une affection, (A Palomita.) n'cst-Ce paS?
VELASQTJEZ , à Palomita.
Est-ce vrai?
PALOMITA.
Oui, Monsieur...
VELASQL'EZ, avec dépit.
Eh bien, alors... puisque vous vous aimez, que vous vous adorez... vous n'avez pas besoin de moi, ni de mon consentement... épousez-vous, mes enfants, et le plus tôt possible... l'en suis ravi, enchanté... et c'est moi, mon bon et cher Perdican, qui veux être votre témoin.
PALOMITA.
Ah!., il me déteste et il lui tarde de se débairasser de moi...
Écoutez... entendez-vous ce bruit... c'est la foule qui commence à se rassembler sur la place... Je vais songer à nos affaires... et puis à mon mariage... Adieu . Palomita. . Demain, vous ne serez plus ici... demain, je vous emmène... Adieu, ma fiancée, adieu, mes amours!
Sur la ritournelle du morceau suivant, Perdicau embrasse Palomita, qui, pensive, le laisse faire et regarde Velasquez. Pcrdican sort par le fond, Palomita par la gauche, et Velasquez se laisse tomber anéanti dans u» fauteuil.)