SCÈNE XII. IBl
Viendra nouvelle chaîne.
Votre époux Est jaloux, 11 touche à la cinquantaine!
Au logis, le brutal Tient sa femme captive.
Car le bal Lui fait mal , 11 faudra qu'elle s'en privel Il meurt... mais de vos jours.
Quand la fleur est fanée, Des plaisirs, des amours On est abandonnée.
Pour vous plus de danseur.
Arrive la vieillesse !
On prend un directeur!
Au sermon l'on s'empresse!
Adieu! fraîches toilettes; Danses et fêtes Et castagnettes, Vous aurez tort. Mais vous, jeunes beautés, vous qui riez encor, Dépéchez-vous!... ah! ah ! voici la danse! Elle commence.
Etc..
(a la fin de cet air, La2arilla fait le tour de la foule, préseatant sa bourse à chaque auditeur, qui y dépose une pièce de mounaie, et les seigneurs des poignées d'or. A chaque don, Lazarilia fait une gracieuse révérence.)
CHCCUR, à demi voix.
Brava! brava!
Lazarilia!
LAZARILLA, faisant la référence à chacun. Merci, mes beaux seigneurs!
(Elle s'arrête devant Velasquez, qui, plongé dans ses réflexions, est allé à droite du théâtre devant son chevalet et son tableau commencé. Elle lui présente la bourse qui est pleine d'or, en lui faisant une révérauce.) VELASQUF.Z.
A cette riche offrande Que pounais-je ajouter?
LAZAIIILLA.
Une encore plus grande !
188 LA CUAXTEUftE VulLÉE.
VELASQl'EZ.
Moi, pauvre artiste!
LAZAftILLA.
Juslemeut.
Au iiL'iiitre Velas(iucz... Lazarilla demantle Vue œuvre de sa main... mou portrait!
TOUS, avec juic.
C'est rliarmaiit!
(a Yelasquez.) Disposez vos pinceaux et préparez-vous, maître ! (Tous, à demi voix, et pendant que lazarilla monte sur l'estrade à droite.) Nous allons donc enfin la voir et la connaître! (Velasquez, debout à gauche, a pris ses pinceaux et regarde Lazarilla. Celle-ci commence à soulever lentement son voile. Mouvement de curiosité dans la foule qui se groupe autour de l'estrade. Enfin Lazarilla a retiré tout à fait son voile, Yelasquez tressaille et chancelle ; Perdican pousse un cri de surprise.)
VELASQUEZ, stupéfait, parlé.
Paloniita!
PKRDICAN, de même.
Palomita!
VF.LASQLEZ.
Ah ! (iu'ai-je vu?
PALOMITA.
Votre esclave toujours!
VELASQUEZ, avec transport.
Non ! ma compagne et mes amours.
Ma femme bieu-aimée!
PERtMCAN, essuyant une larme.
Ami, tu devais être Mon témoin... je m'en souviens bien!
(Lui tendant la main.) Et c'est moi qui vais être le tien!
LAZARILLA, aux seigneurs qui l'enlourcnl. Avant qu'en mon ménau'e.
L'amour m'engage A l'objet de mes vœu\, A!on cœur, qui vous honore.
Vous doit encore Un dernier chant d'adieux!
0 Vous, dont 'indulgence Fit ma science.