SCÈNE II
LE BARON, ANGELA
Maintenant que nous sommes seuls, parlons raison. As-tu pensé que j'accepterais un pareil sacrifice?
ANGELA
11 le faudra bien!
LE BARON
Te garder dans ces lieux, toi que j'ai entourée de toutes les recherches du luxe et de l'opulence... toi enfin dont le bonheur est ma vie... car j'aimerais mieux mourir que de te savoir malheureuse... et je vois des larmes dans tes yeux...
ANGELA, se hâtant de les essuyer.
Ce n'est pas! ou plutôt ces larmes-là, ce n'est pas vous, mon père, qui les faites couler.
LE BARON
Et qui donc?
ANGELA
Ne me le demandez pas.
LE BARON
Alors, c'est clair... c'est lui!
ANGELA
Oui, mon père.
LE BARON
J'en étais sûr... tu l'aimes donc toujours?... {.vogeu fait signe que oui.) Et tu y penscs sans cesse... (Même signe.) Pauvre enfant!... et moi aussi... je pense à lui... c'est-à-dii'c à toi... et voilà mon plan. Dès demain je renonce à l'existence que je
mène... (Angela le presse daus ses bras.) Puisse DieU me paidonUtT
le passé, et, pour prix de mon repentir, m'accorder ton bonheur... (Gaioment.) Etpuis...
ANGELA
Et puis?...
LE BARON
Le baron de Torrida s'en ira... loin., bien loin d'ici, n'importe en quel pays... de là, mon enfant, j'écrirai à M. le comte Federici, neveu du gouverneur, que les obstacles qui s'opposaient àmon consentement n'existent plus... qu'il vienne nous retrouver...