‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 230 sur 255 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LE BARON, ANGELA

Maintenant que nous sommes seuls, parlons raison. As-tu pensé que j'accepterais un pareil sacrifice?

ANGELA

11 le faudra bien!

LE BARON

Te garder dans ces lieux, toi que j'ai entourée de toutes les recherches du luxe et de l'opulence... toi enfin dont le bonheur est ma vie... car j'aimerais mieux mourir que de te savoir malheureuse... et je vois des larmes dans tes yeux...

ANGELA, se hâtant de les essuyer.

Ce n'est pas! ou plutôt ces larmes-là, ce n'est pas vous, mon père, qui les faites couler.

LE BARON

Et qui donc?

ANGELA

Ne me le demandez pas.

LE BARON

Alors, c'est clair... c'est lui!

ANGELA

Oui, mon père.

LE BARON

J'en étais sûr... tu l'aimes donc toujours?... {.vogeu fait signe que oui.) Et tu y penscs sans cesse... (Même signe.) Pauvre enfant!... et moi aussi... je pense à lui... c'est-à-dii'c à toi... et voilà mon plan. Dès demain je renonce à l'existence que je

mène... (Angela le presse daus ses bras.) Puisse DieU me paidonUtT

le passé, et, pour prix de mon repentir, m'accorder ton bonheur... (Gaioment.) Etpuis...

ANGELA

Et puis?...

LE BARON

Le baron de Torrida s'en ira... loin., bien loin d'ici, n'importe en quel pays... de là, mon enfant, j'écrirai à M. le comte Federici, neveu du gouverneur, que les obstacles qui s'opposaient àmon consentement n'existent plus... qu'il vienne nous retrouver...

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