‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 48 sur 255 · ACTE III, SCÈNE IV. Sî · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. Sî

r.UL>ARE.

Quel ennui!

ABOL'LFARIS.

C'est pour cola qu'il faut avant tout vous occuper de votre toilette.

GUL.NARE, souriant.

A la bonne heure !

ABOULFAKIS.

Voici déjà vos femmes, et la petite Cadige, (a demi voix.) votre ancienne compagne...

Gri.NARE, relevaut la tète avec fierté.

Qu'est-ce que c'est?

ABOULFARISj s'incliuant vivement.

Jamais!... jamais!... je me trompe!... je voulais dire votre esclave, la jardinière du palais... qui vient vous ofirir les plus belles fleurs de vos jardins.

SCÈiNE IV.

Les précédents, jeunes esclaves, apportant des coffres remplis d'éloffes précieuses; CADIGE, portant une corbeille de fleurs.

GULNARE, à Cadige.

Que m'apportes-tulà?

CADIGE.

Le bouquet de la mariée ! ... ce qu'il y a de mieux ! des roses et des camélias blancs!

CrL>ARE, d'un air de dédain.

Des fleurs qui croissent pour tout le monde!

CADICE.

Et qui n'en vont pas plus mal... (MontranT sa couronne.) Voyez l'Uitôt...

GULNARE

C'est pour cela que je n'en veux pas ! je veux des fleurs que personne n'a jamais portées! des fleurs inconnues, des fleiu's impossibles!... voilà ce qu'il me faut à moi, princesse! El dis à Xaïloun, ton futur mari, qu'il s'arrange pour en avoii!...

(Se retournant vers les autres esclaves femmes, qui s'approchent.) Et VOUS,

qu'est-ce que c'est?

ABOULFARIS, montrant les coffres qu'on lui présente.

Les étoflés de Perse les plus précieuses... une centaine de obes que l'on offre au choix de Votre Hautesse!

GULISARE.

Voilà qui est insupportable... Grand \isir, prononcez vousmême... car c'est un ennui mortel d'avoir à choisir au milieu d'une centaine de robes !

CADIGEj bas, à Guinare en souriant.

Vous n'éprouviez pas cet ennui-là... quand vous n'en aviez qu'une !

GULNARE^ se retournant virement.

Insolente!

CADIGE, à part.

Qu'est-ce qui lui prend donc?

GULNARE

Sortez de ma présence!

ABOULFARIS, bas, à Guinare.

Princesse!.., princesse! quelle imprudence!... quelle faute en diplomatie! maltraiter quelqu'un qui possède notre secret!.,.

GULNARE, bas, à Alboufaris.

Pour la première fois', visir, vous a^ez raison!,., (iiaui, à cadige qui s'éloigne lentement.) Eh! là... là, reviens, petite!.,, un moment d'impatience et d'humem*.,, quand on est princesse,..

ABOULFARIS, s'inclinant.

C'est tout naturel !

GULNARE, à Cadige.

Je te pardonne ! . . .

CADIGE.

A la bonne heure!,,,

GULNARE, lui tendant la main.

Oublions tout, et faisons la paix!

CaDIGE, qui a mis un genou en terre, porte à ses lèvres la main que Guinare vient de lui tendre et reçoit un soufflet.

0 ciel !

GILNARF, à Aboulfaris

Et nous, visir, hàtons-nou^.

AROULFARIS.

Oui, t^^ans doute! car tous les grands de l'empire vous attendent pour le baise-main général, (il sort avec Guinare par la

gauche.)

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