‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 5 sur 255 · ACTE 1, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE II

NÉRILHA.

C'est dit! on s'en va!

ATALMUC.

Où vas-tu?

NÉRILHA.

Faire votre souper... ces tartelettes à la moelle de paon... que vous m'avez commandées.,, et que vous aimez tant... (a part.) Ah !... cela a l'air de le radoucir. . c'est étonnant commil e.^t gourmand, pour un sorcier!

ATALMUC.

Écoute ici !

NÉRILHA.

Me voici, maître !... mais votre souper...

ATALMUC

N'importe !

NÉRILHA.

Il est sur le feu... et va bniler...

ATALMUC, étendant la main.

J'ordonne qu'il se conserve... juste à point... jusqu'à ce soir...

NÉRILHA.

C'est admirable !... Dieu ! que c'est beau d'être savant à ce point-là !... Et on dit que vous n'avez étudié, pour cela, que deux ou trois cents ans, ce n'est vraiment pas trop !

ATALMUC, avec impatience .

Je t'ordonne de m'écOUter... (Nérilha baisse la tète et se tait.) Tu

n'étais qu'une pauvre enfant... une esclave mise en vente sur la grande place de Candahar, et comme j'allais au marché ce jom-là... je t'ai achetée pour trois sequins!...

NÉRILHA.

Ça n'est pas cher !

ATALMUC

Trop, mille fois !.. Si j'avais pu pi'évoir ce que tu me coûterais un jour de chagrins, d'inquiétudes... de tourments... je n'y ai pas pensé...

NÉRILHA.

Vous?... un sorcier !

ATALMUC

On ne pense pas à tout... 11 y a six ans de cela... tu es devee nue gracieuse, charmante, ciiiiii... et pour mon malheur, je me suis mis à t'abner !...

■4 LA FEE AL\ KusEs.

NF.BILTH.

Oui, VOUS m'avez souvent dit ce mot-là, que je n'ai jamais pu comprendre ! vous êtes toujours, avec moi, bourru, fâché et de mauvaise humeur !

ATALMUC.

C'est de l'amour !

NÉRILHA.

Vous me tenez toujours renfermée et ne me laissez voir... que vous...

ATALMLC.

C'est de l'amour... cet amour qui fait mon tourment !

KÉRILHA.

Cela vous tourmente...

ATALMDC.

Oui, sans doute...

^ÉRILHA.

Et moi, donc!

ATALML'C, avec colère et la menaçant.

Ah ! traîtresse !

NÉRILHA.

N'allez-vous pas me battre , maintenant ?

ATaLMUC.

C'est plus fort que moi, te dis-je... et quand on a de l'amour...

NÉRU-HA.

Ah ! si vous pouviez ne plus en avoir ! tâchez donc ! ce serait agréable poiu' nous deux !

ATALMDC.

Impossible !

NÉRILHA.

Vous?... un magicien !

ATALMUC.

Mais tu ne sais donc pas... tu ne comprends donc pas ce que c'est?..

NÉRILHA.

Pas le moins du monde...

ATAI.MLC.

Ah ! c'est que tu n'aimes rien...

NKIULHA.

Si vraiment !... j'aime les belles roses qui sont là, dans ce vase, et auxquelles il m'est déleiulu do toucher! .. Quant à

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