‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 61 sur 255 · ACTE III, SCÈNE Xir. li · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE Xir. li

GULNARE

C'est boni NÉRILHAj à la princesse.

Mais vous ne croiriez pas que le prince refuse . De m'en payer le prix que je veux!

GL'LNARE^ haussant les épaules.

Allons donc!

Cela n'est pas! cette femme m'abuse!

LE PRINCE, avec impatience.

Eh ! non !... mais c'est un prix...

GliLNARE, avec dédain.

Un pnnce, marchander!

Et dans un jour de noce, encore! allons, vous dis-je. Finissons-en... il lui faut accorder Tout ce qu'elle voudra...

NÉRILHA, au prince, avec malice.

Votre femme l'exige!

LE PRINCE, riant.

C'est différent... payons, (il s'approche de Nérilha, qu'il embrasse. A l'instant, un coup de tonnerre se fait entendre; Atalrauc accourt du palais, à droite; Xaïloun, effrayé, sort de la mosquée, à gauche, avec la foule du peuple. Les vieux vêtements et les cheveux blancs de Xérilha disparaissent. On la revoit jeuas et fraîche comme elle était au second acte.)

CHœUR GÉNÉRAL.

0 prodige!

LE PRINCE, poussant un cri.

Trésor que je revois, vous m'êtes donc rendu! Et je tombe à vos pieds, do bonheur éperdu! ATALMfC, s'approchant de lui.

Prince, que faites-vous? L'ordre de votre père!... LE PRINCE, prenant la main de Nérilha.

De celle qui m'est chère, Rien ne peut plus me séparer!

GULNARE, qui s'est élancée du groupe des femmes où elle était, s'avance, parée du bouquet blanc, qu'elle vient de mettre à sa ceinture. Et la foi qu'aux autels vous deviez me jurer? LE PRINCE, regardant le bouquet blanc, qui vient de se changer en fleurs rouges.

Et celle que de vous j'avais déjà reçue? De ces magiques fleurs la blancheur disparue, Prouve qu'un autre amant a su vous attondrir!

Et ce rival heureux...

XAÏLOIIN ET CADIGK.

Était le grand visir! ! !

ABOULFARIS, se mettant à genoux.

C'est fait de moi!... Le sultan me condamne...

LE PRINCE, lui montrant Giilnare.

A devenir l'époux de la sultane !

ABOULFARIS, se relevant.

Quelle faveur!

NÉR1LHA, apercevant Atalmuc, qui détourne la tête et essuie une l.irnie. Et VOUS dont j'ai pitié...

Pour guérir tant d'amour...

ATALMUC.

Vaine fut ma science :

Il n'est pas de moyen!...

NÉRILHA.

U en est un, je pense.

Que notre cœur vous offre!..

Et lequel!

NÉRILHA, lui tendant la main.

L'amitié!

Magicien, sorcellerie, Votre art succombe dans ce jour!

Et le pouvoir do la magie Ne vaut pas celui de l'amour!

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