‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 171 sur 349 · I. lY · texte numérisé non relu

I. lY

J'ai tout perdu!... Dieu seul, appui des malheureux,

Dieu me restait!... il a reçu mes vœux ! Je suis son serviteur, son ministre et son prêtre!

ÉLÉAZAR

Pour nous persécuter!

BnOGN!.

Pour vous sauver peut-être!

ÉLÉAZAR

As-tu donc oublié que de Rome jadis, Sévère magistrat, c'est toi qui me bannis?

BROGNI.

Est-ce à tort? Convaincu d'une usure coupable, On demandait ta mort... j'ordonnai ton exil!

Et d'une indulgence semblable Je veux encore...

RUGGIERO, vivement.

0 ciel ! on ne peut sans péril L'absoudre !

BROGNI.

Et cependant je lui fais grâce entière! Sois libre, Éléazar !

(xUaut à lui et lui tendant la main.)

Soyons amis, mon frère; Et si je t'offensai, pardonne-moi.

ÉLÉAZAR, à part.

Jamais !

Non, jamais de pardon aux chrétiens que je hais!

BROGNI.

AIR

Si la rigueur et la vengeance Leur font détester notre loi, Que le pardon et la clémence, Mon Dieu, les ramènent vers toi!

(Éléazar et Rachel rentrent dans leur maison qui se ferme. Brogni et Ruggiei sortent par le fond, suivis de tout le peuple qui les entoure et les escorte.)

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