ACTE TÏI,, SCÈNE I
A porté la mort dans mon cœur.
ALPHONSE
Quelques torts dont je sois coupable, Je fléchirais votre rigueur, Si du désespoir qui m'accable Vous pouviez connaître l'horreur.
ELVIRE
Épargnez-vous un tel parjure :
De moi vous n'entendrez, hélas!
Aucun reproche, aucun murmure Je pars... n'arrêtez point mes pas!
ENSEMBLE
ELVIRE
Ah! je n'accuse que moi-même !
De mon amour je dois rougir.
Pour toujours, hélas! je vous aime!
Et pour toujours je dois vous fuii*.
t ALPHONSE.
En horreur à vous, à moi-même, J'ai fait, et je dois m'en punir.
Le malheur de tout ce que j'aime.
n ne me reste qu'à mourir.
ALPHNOSE.
Elvire, si je fus coupable.
Du moins ce n'est pas envers toi.
ENSEMBLE
ELVIRE
Fuyez, Alphonse, épargnez-moi; Cessez im entretien coupable.
ALPHONSE
Vois le désespoL" qui m'accable :
Ah! jette un seul regard sur moi.
ELVIRE
Non, vous avez brisé nos chaînes.
ALPHONSE
Vois ton amant, vois ton époux.
ELVIRE
Lui seul cause toutes mes peines.
ALPHONSE
Il va mouiir à tes genoux.
18 LA MUETTE DE rORTICI.
ELYIRE.
Alphonse !
ALPHONSE
Elvire!
ELVIRE
Je pardonne.
Mon faible coeur parle pour toi.
ALPHONSE
Au bonheur mon cœui* s'abandonne!
ELVIItE.
Et je m'abandonne à ta foi.
0 moment plein de charmes !
Tous nos maiL\ sont finis ; Je sens couler des larmes De mes yeux attendris.
ELVIRE
Mais cette jeune infortunée.
Je dois veiller sur son destin.
Alphonse , ordonnez que soudain Près de sa souveraine elle soit amenée.
ALPHONSE
Vos désirs seront satisfaits.
(a Selva , qui entre.)
Courez, Selva, cherchez la fugitive Qui fut votre captive , Et qu'elle soit par vous conduite en ce palais.
(ils sortent.)