‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 198 sur 349 · BROGNI ET LE CHOEUR · texte numérisé non relu

BROGNI ET LE CHOEUR

Je frissonne et succombe Et d'horreur et d'effroi !

Sur lui fautril que tombe Le glaive de la loi !

ÉLÉAZAR, tenant Racbel dans ses bras, et montrant Léopold.

Eh bien ! nobles seigneurs, prêtres et cardinaux,

Qu'attendez-vous? qui retient votre glaive? Gardez-vous pour nous seuls les fers et les bourreaux?

RACHEL

Et le coupable heureux qui par le rang s'élève A-t-il le droit d'impunité?

BROGMI, regardant Léopold.

Il se tait... ô mon Dieu! c'est donc la vérité!

(Brogni, auquel les cardinaux et les évêques ont parlé à voix basse, s'avance au milieu du théâtre et étend les mains vers Éléazar, Rachel et léopold.)

Vous, qui du Dieu vivant outragez la puissance,

Soyez maudits !

Vous, qn e tous trois unit une horrible alliance.

Soyez maudits !

Anathème! anathème!

C'est l'Éternel lui-même

Qui vous a, par ma \'.ix, rejetés et proscrits!

(Tout le monde s'éloigne de Léopoli, âe Rachel et d'Éléazar qui se trouvent seuls à gauche du théâtre.)

De nos temples pour eux que se ferme l'enceinte ! Que de l'eau salutaire et de la table sainte Ils ne puissent plus s'approcher!

Que redoutant leur souffle et leui- toucher. Le chréUen se détourne et s'éloigne avec crainte ! Et maudits sur la terre et maudits dans les cieux. Que leurs corps soient enfin à leur heure dernière Laissés sans sépulture ainsi que sans prière Aux injures du ciel qui s'est fermé pour eux !

CHŒUR

Sur eux anathème!

C'est le ciel lui-même

200 LA JïïTVE.

Qui les a proscrits!

Que l'eau salutaire, Le feu, la lumière.

Leur soit interdits; Dieu les a maudits!

ENSEMBLE

, LÉOPOLD

Justice suprême, Retiens l'anathème Qui les a proscrits!

Entends ma prière.

Et dans ta colère, Que mes jours flétris Soient les seuls mauditsl

RACHEL

Justice suprême !

Que leur anathème Qui nous a proscrits, Épargne mon père !

Et dans ta colère.

Que mes jours flétris Soient les seuls maudits!

ÉLÉAZAR, é Brogni et anx cardinaux.

Sur vous anathème !

Jamais Dieu lui-même Ne nous a proscrits I Il est notre père.

Et par lui, j'espère.

Non, jamais ses tils Ne seront maudits!

(sur un signe de Brogni, Ruggiero et des gardes s'approchent pour saiir lîléa. zar, Rachel et Léopold. Celui-ci tire son cpée et la jette à ses pieds; la foule s'écarte d'eui an moment où on les entraîne, tandis qu'à gauche du théâtre, Eudoxie, les princes et les cardinaux lèvent au ciel leurs mains et leurs yeui épouvantés. La. toile tombe.)

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