SCÈNE IL
EUDOXIE, RACHEL, ramenée par des gardes qui se retirent RACHEL.
Pom-quoi m'arrachez-vous è ma sombre demeure ? M'apportez-vous la mort qu'appellent mes souhaits?
(AperceTant Eudoxie.)
Que vois-je? 0 ciel! mon ennemie!
EUDOXIE
Une ennemie, hélas ! qui te supplie !
RACHEL
Que peut-il entre nous exister désormais ?
Pour moi je ne veux rien! mais pour lui seul je tremble. Ce concile terrible en ce moment s'assemble ! Personne... excepté vous ne pourrait désarmei
Ses juges impitoyables !
Ils le condamneront !
RACHEL, avec ironie.
Ils sont donc équitables!
J'estime les chrétiens ! et je vais les aimer !
DUO
EUDOXIK.
Ah ! pour celui qui m'a trahie, Si quelque amour vous reste encor, Écoutez ma voix qui supplie, Daignez l'arracher à la mort I
â02 LA. JUIVE.
KACUEL.
Non, c'est pour vous qu'il m'a trahie, Pour vous il a flétri mon sort!
Nous avez partagé sa vie.
Moi je partagerai sa mort !
EDDOXIE.
Rachel !
RACHEL
Ne viens pas davantage, Quand nos droits sont égaux, m'envier mon partage.
EUDOXIE
Ah ! je ne veux plus rien, tous nos noeuds sont rompus! Tout est fini pom- moi puisqu'il ne m'aime plus !
EUDOXIE
Mais qu'il vive ! qu'il vive !
Ah ! que ma voix plaintive Fléchisse votre cœm- !
0 vous ! mon ennemie.
Accordez-moi sa vie.
Et prenez mon bonheur !
RACHEL
Moi ! permettre qu'il vive, Quand de la pauvre juive Il a brisé le cœur !
Non!... que ma triste vie Près de lui soit finie ; C'est là mon seul bonheur !
EUDOXIE
Vous pouvez le soustrau-e à l'ai-rèt implacable En déclarant ici qu'il n'était pas coupable.
RACHEL
Pas coupable !... sais-tu qu'il avilit mes jours? Sais-tu que je l'aimais?... que je l'aime toujours?
EUDOXIE
Vous prétendez l'aimer !... lorsque dans votre rage, Vous n'écoutez que liame, et vengeance, et courroux! Et moi ! que l'infidèle abusait comme vous, J'oublie en ce moment mon amom-, mon outrage, \ii jusqu'à ma fierté... je suis à vos genoux!
(Tombant à ses pieds.)