ACTE II, SCK.Ni; V
DUO
Beauté divine, enchanteresse, 0 vous qui régnez en ces iicux.
Répondez, mortelle ou déesse, Suis-je sui" terre ou dans les cicux?
MARGUERITE, le regardant.
Ah ! de l'objet de sa tendresse Je conçois le trouble amoureux ; 11 est fort bien; reine ou princesse En aucun temps n'eût choisi mieux.
RAOUL
.\h ! je ne sais à A'otre vue
Quel charme subjugue mon coeiu"!
MARGULRITE, à part.
Vraiment! — et sans être connut', Pour une reine c'est flatteur !
RAOUL, s'animant.
D'un chevalier fidèle acceptez le servage.
MARGUERITE, souriant.
De son obéissance il me faudrait un gage.
Ah ! je le jure à vos genoux; A vos ordres soumis, parlez, je suis à vous; Vos vœux, je les remplirai tous.
MARGUERITE, «'arrêtant et le regardant en hésitant u!> p=u
Ah!... ah!...
ENSEMBLE
(a part.)
Si j'étais coquette.
Pareille conquête Serait bientôt faite; Mais non!... et je doi.
Alors que sa belle Compte sur mon zèle, Lui plaire pour elle, Et non pas pour moi!
RAOUL
Oui, cette conquête Va par sa défaite Punir la coquette Qui trahit ma foi.
Une ardeur nouvelle M'enflamme pour elle.
Et mon coeiu" fidèle Vivra sous sa loi.
RAOUL, avec chaleur.
A vous et ma vie et mon âme!
A vous mon épée et mon bras!
Pour son Dieu, l'honneur et sa dame, Heureux qui brave le trépas !
MARGUEIUTE.
J'aime cette ardeur qui l'enflamme ; Mais calmez-vous, car mes seuls vœux Sont ici de vous rendre heureux.
RAOUL, étonné.
Que dites-vous?
MARGUERITE
Tels sont mes ordres rigoureux.
Mais il faut m'obéir.
RAOUL
Je le jure. Madame.
MARGUERITE, avec satisfaction.
C'est bien, c'est tout ce que je veux.
( A part, aviec un léger sourire. )
Ah!.
ENSEMBLE
Si j'étais coquette.
Pareille conquête Serait bientôt faite.
Mais, non!... et je doi, Alors que sa belle Compte sur mon zèle.
Lui plaire pom- elle.
Et non pas pour moi !
RAOUL
Oui, cette conquête Va par sa défaite Punir la coquette Qui trahit ma foi.
Une ardeur nouvelle M'enflamme poui- elle,