‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 268 sur 349 · ACTE HT, SCÈNE VI. 2G · texte numérisé non relu

ACTE HT, SCÈNE VI. 2G

(Valentinc •veut lui échapper; il la retient, lui arrache son voile et s'écrie avec effroi : )

Ma tille !

TOOS.

0 ciel '

RAOUL , regardant Valentine.

Eb quoi ! pour me sauver la vie Elle aurait de son père affronté le couri'oux ! Et sans m'aimer !

MARGUERITE

Elle n'aimait que vous.

VALENTINE, voulant empêcher la reine de parler.

Madame!... au nom du ciel!

RAOUL, vivement.

Et cette perfidie Dont je fus le témoin, chez Nevers, sous mes yeux ?

MARGUERITE

Elle y venait pour rompre un hymen odieux.

RAOUL, à Valentine.

Et j'ai pu l'outrager! grâce pour un coupable Que l'amour égarait, que le remords accable!

(a Saint-Bris.)

Rendez-moi tous les biens que mon cœur repoussait ; Rendez-la moi! — je l'aime — et j'attends mou arrêt!

SAINT-BRlS , avec joie et retenant Valentine qui yeut parler.

Tu l'aimais donc?

RAOUL

Toujours! et de vous seul j'implore Sa main et mon pardon.

SAENT-BRIS, de même.

Et tu l'aimes encore?

RAOUL

Sans elle tous mes joui-s sont voués au malheur.

SAINT-BRIS

J'aurai donc satisfait le seul vœu de mon coeui* ! A mes genoux ton amour la réclame î Eh bien donc aujourd'hui (juge de mon bonheur!) Et depuis ce matin... d'un autre elle est la femme.

( Valentine s'éloigne et cache sa tête dans ses mains. ) JiARGUEUlTfc;.

Qu'entends-je !

266 lES HUGUENOTS.

VALENTINE, à part.

Je me meiirs!

RAOUL, que la reine cherche en Tain à calmer.

0 comble de douleurs !

(On entend une marche joyeuse jouée par une musique lointaine.

SAIMT-BRIS.

Mais j'entends éclater des accents d'allégresse; De l'époux triomphant le cortège s'empresse, Appareil digne enfin des Nevers, des Saint-Bris!

(Au fond du théâtre paraît sur la rivière une grande chaloupe élégamment décorée et illuminée; elle porte des musiciens, des pages, des dames de la cour et tout le cortège de noces du comte de Nevers, qui débarque en ce moment. )

RAOUL, à part.

Ah! comment contenir ma fmeur?

DE MEVERS, desce&du de la chaloupe et suivi du cortège de nocek

Noble dame.

Venez près d'un époux dont l'amour vous réclame.

SAlNT-BRlS.

Comte, voici ia nuit, emmène en ton logis Valentine, ma fille... et ta nouvelle épouse; Elle est à toi !

MARGUERITE, bas, à Raoul.

Calmez votre fureur jalouse, Pour son honneur, Raoul.

RAOUL

De rage je frémis !

(Des bohémiens et bohémiennes s'approchent du comte de Nevers et de la noavelle mariée, et, suivant l'usage du temps, leur offrent des fleurs et de» gâteaux. — Le comte fait un signe à un de ses pages qui distribue de l'or aux bohémiens. Ceux-ci témoignent leur joie par des danses, puis sortent un instant, reviennent avec des flambeaux allumés, et éclairent le cortège qu'ils escortent à droite et à gauche en dansant. — De Nevers prend la main de sa femme, et, suivi de Saint-Bris, de ses pages et de tous ses amis, il remonte le théâtre et conduit Valentine à la chaloupe qui les attend. Les musiciens font retentir les airs de joyeuses fanfares, taudis que sur le devant du théâtre se chante le final suivant : )

ENSEMBLE

CHOEUn DES ÉTUDIANTS ET DF.S SOLDATS.

PiiOTESTANTS, se meuncant.

Plus de paix, plus de trêve!

Que la lutte s'achève!

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