ACTE I, SCÈNE IV -î
MATHISEN.
Elles disparaîtront!
o'AirrRES PAYSANS.
Et nous, serfs et vassaux...
MATHISEN.
Libres en ce séjour!
d'adtres paysans.
Et nos anciens seigneurs?
JONAS
Esclaves à leur tour I
ENSEMBLE
CHOEURj de paysans se parlant entre eux.
Ils ont raison, écoutons bien !
Ce sont vraiment des gens de bien!
Nous voilà maîtres tout à coup ;
Nous n'avions rien, nous aurons tout.
Sans travailler, nous aiu"ons tout.
Plus d'oppresseurs en ce séjour;
Nous le serons à notre tour.
Nous sommes forts, nous sommes grands!
Excepté nous, plus de tyrans !
LES TROIS anabaptistes.
Itenim ad salutares undas.
Ad nos, in nomine Dei, Ad nos venite, populi !
LES PAYSANS, «'échauffant et s'animant peu à peu.
Malheiu" à qui nous combattrait !
C'est un impie, et son supplice est prêt ; Le ciel qui nous protège a dicté son arrêt.
LES TROIS ANABAPTISTKS, avec exaltation.
0 roi des cieux, à toi cette victoire ! Dieu des combats, marche avec nous !
Les nations verront ta gloire.
Ta sainte loi luira pour tous î Dieu le veut ! Dieu le veut ! Maichez, et suivez-nous ! De la liberté sainte, enfin voici le jotu*. De notre Germanie elle fera le toiu-.
Dieu le veut!
TOUS LES PAYSANS, arec fureur.
Aux armes! Au martyr!
594 LE PROrHÈTE.
Marchons!... marchons!... Vaincre ou mourir!
(Tous les paysans, excités par les trois anabaptistes, se sont armés de fourchet, de pioche», de bâtons, et s'élancent sur les marches de l'escalier qui conduit au château.)