ACTE n, SCÈNE IT
SCftNE II.
JONAS, MATHISEN, ZACHARIE w lèvent et s'approchent de JEAN, JONAS, lui frappant sur l'épaule.
Ami Jean, quel nuage obscurcit ta pensée?
JKAN.
J'attends ma mère avec ma fiance'e; Leur retard m'inquiète, et déjà l'autre nuit Un sinistre présage a troublé mon esprit!
TOUS TROIS
Qu'est-ce donc?... parle... ami!
JEAN
Qu'ici votre science Éclaire par pitié ma faible intelligence Sur mille objets bizarres et confus, Et que deux fois en dormant j'ai revus!
BÉCITATIF.
Sous les vastes arceaux d'un temple magnifique. J'étais debout!... le peuple à mes pieds prosterné, Et du bandeau royal mon front était orné ! Mais pendant qu'ils disaient, dans un pieux cantique ! C'est David! le Messie... et le vrai fils de Dieu ! Je lisais sur le marbre, écrits en traits de feu : Mallieur à toi ! ! ! Ma main voulait tirer mon glaive, Mais im fleuve de sang et m'entoure et s'élève. Pour le fuir, sur un trône en vain j'étais monté; Et le trône et moi-même il a tout emporté ! ! ! Au milieu des éclairs, au milieu de la flamme. Pendant qu'aux pieds de Dieu Satan traînait mon âme, S'élevait de la terre une clameur : « Maudit!
« Qu'il soit maudit! »
Mais vers le ciel et dans l'abime immense Une voix s'éleva qui répéta : « Clémence!
(t Clémence! »
Et ee cri fut le seul que le ciel entendit!
ENSEMBLE
LES TROIS ANABAPTISTES. '
Calmo-toi, calme ta crainte!
Des élus la marque sainte
Sui' ton front se trouve empreinte,
Et sur toi veillent les cienx !
Sur ce songe prophétique, Sur le sort qu'il pronostique.
Le ciel même à nous s'explique...
L'avenir s'offre à nos yeux !
Oui, la lumière céleste Nous giiide et ne nous trompe païl Jean !... tu régneras !
TOUS TROIS
Jean ! . . . tu régneras ! !
JONAS
Dieu par notre voix te l'atteste!
TOUS TROIS
Jean! tu régneras!...
JEAN
Moi, mes amis! vous n'y pensez pas!
ROMANCE
PREMIER COUPLET
Il est un plus doiLX empire Auquel dès longtemps j'aspire!
Toi, mon bien, mon seul bonheur.
Si je règne sur ton cœur, Pom* moi le plus beau royaume Ne vaut pas ce toit de chaume.
Doux asile du plaisir, Où je veux vi\Te et mourir.
Où Berthe sera toujours Et ma reine et mes amours !
LES TROIS ANABAPTISTES
Ah! qu'elle folie extrême!
Dédaigner le rang suprême!
Marche avec nous, suis nos pas Et bientôt tu régneras.
JEAN, montrant la porte à gauche.
Au lieu de pompe royale.
Pour sa chambre nuptiale.
J'ai cueilU la fleur des champs!
C'est ce soir que je l'attends I