JEAN, FIDÉS
JEAN, revenant à lui et se rappelant ce qui vient de se passer. Ah! qu'ai-je dit! plutôt la mort... je la préfère, Com'ons !
FIDÉS, tombant à ses genoux qu'elle embrasse.
Mon fils! mon fils! sois béni dans ce jouri Ta pauvre mère Te fut plus chère Que Berthe et que ton amour!
Tu viens de donner pour ta mère Plus que ta vie, en donnant ton bonheur! Que jusqu'au ciel s'élève ma prière, Et sois béni, mon fils, béni dans le Seigueui"!
JEAN, froidement.
Oui ! j'ai fait mon devoir !
FIDÈS, le regardant.
0 mortelles alarmes!
Quel air morne et glacé!.,, dans tes yeux point de larmesl Ta douleiu" n'ose-t-elle éclatef devant moi?
Mais moi, je viens, mon fils, pour pleurer avec toi !
JEAN, froidement.
A quoi bon murmurer et se plaindre, ma mère? Ils faut bien obéir aux nobles, aux seigneurs; Nos femmes et nos biens, nos enfants sont les leurs ! Nous devons, sous le joug, nous courber et nous taire
FIDÉS
Je n'aime pas, mon fils, t'entendre ainsi parler! Quelque sombre projet t'agite?
JEAN
Non, ma mère!
Il est tard !... le repos est pour vous nécessaire ! Laissez-moi !
(avec impatience)
Je le veux !
FIDÉS
Ah! tu me fais trembler!
Je te laisse !
(atcc tendresse. )
A demain!
JEAN, d'un air froid et calme.
A demain !
( Fidès entre dans la chambre à droite. )