SCÈNE IV
FIDES, JEAN, nabillé comme au quatrième acte, mais enveloppé d'an manteau et la couronne sur U tète. 11 fait un signe à l'officier, qui s'éloignai
DUO
JEAN
Ma mère!
PIDBS, avec dignité.
Moi, ta mère!... il faut me le prouver! Prophète et fils du ciel, tu n'es plus dans ce temple
Où, debout, tu m'osais braver ; Et maintenant que Ôieu seul nous contemple, A. genoux!...
JEAN, tombant malgré lui à ses pieds.
Ah! pardon poiu- un ûls égaré!
FIDÈS
Mon fils!... je n'en ai plus! le fils que j'ai pleiu^
Était pur... Mais celm que la terre déteste, Toi, que poursuit la colère céleste.
Toi, dont les mains sont empreintes de sang, Tu n'es plus rien pour moi!... va-t'en, va-t'en! Loin de mon coeur et de mes yeux, va-t'en 1
JEAN
Ma mère, hélas! me maudit, me déteste, Et son courroux est le courroux céleste! Autour de moi cachez ces flots de sang. Image honible!... éloigne-toi... va-t'en!
Ah! de mon cœur, remords vengeur... va-t'en!
Ah ! c'est mon seul amour qui m'a rendu coupable.
Je ne voulais d'abord, en ma juste furem-,
Que venger le trépas de Berthe et son honneur.
Et puis le sang versé nous rend impitoyable ;
Ces maîtres orgueilleux, ces tyrans insensés.
J'ai voulu les punir!...
FIDÈS
Tu les as surpassés !
Aucun d'eux n'eût osé, sacrilège et faussaire.
Se dire fils du ciel et renier sa mère? Et toi, Prophète, à la terre funeste.
Toi qui bravas la colère céleste, Sourd à l'honneur comme à la voix du sang,