SCÈNE V
r.ES M^MES, BERTHEy habillée de blanc et tenant un flambeau à la mainj elle entre par la porte à droite.
BERTHE, s'ayançant vers le mur du fond et touchant la dalle de pierre qui
s'ouvre.
Voici le souterrain! Et la dalle de pierre,
JEAN, à part.
0 ciel !
FIDÉ3, allant à elle.
Berthe!
BERTHE, poussant un cri
FIDÉS
Ici que viens-tu faire?
BERTHE, poussant un cri.
Par mon aïeul, gardien du palais de Munster, Je savais les amas de salpêtre et de fer Cachés dans ce caveau!
(Montrant le flambeau qu'elle tient.)
Cette flamme propice Peut, en quelques instants, embraser l'édifice! Ce Prophète et les siens, et moi-même avec eux!
FlDÉë.
Que dit-elle? grands dieux !
(Se retournant avec effroi vers Jean.)
Mon fils!
BERTHE, apercevant Jean et poussant un cri.
Ah! qu'ai-je vu?
(Courant à lui.)
Mon bien-aimé... C'est toi qui m'es rendu 1
TRIO
BERTHE, à Jean.
Combien ma doulem- fut amère !
Je t'ai cru tombé sous les coups De ce Prophète sanguinaire...
FIDES, s'élançant pour la faire taire.
0 ciel !
JEAN, qui est placé entre les deiu femmes, retient sa mère, et lui dit à volt basse.
De grâce!.,, taisez-vous 1
340 lE PROPHÈTE.
BERTHE
Ce monstre en honexir à la terre, Ce monstre aux enfers destiné !
JEAN, bas , à sa mère , pendant que Berthe remonte le théitr».
Ah! VOUS m'aviez trompe, ma mère!
Le ciel ne m'a pas pardonné!
BERTHE, revenant près de Jean qu'elle presse contre gon cœur.
Quel ange a préservé ta vie?
Qui t'a soustrait à sa furie?
A. son regard qui porte le trépas?
FIDÈS, youlant la faire taire.
Berthe !
JEAN, bas, à sa mère, avec désespoir.
Ne me trahissez pas.
FIDÈS, à Berthe.
Si l'on nous entendait !
JEAN, à sa mère, pendant que Berthe remonte le théâtre.
Qu'elle ignore mon crime.
Si je perds son amour, si je perds son estime! Croyez-le bien, je n'y survivrai pas!
BERTHE, regardant avec attention du côté de l'escalier.
Non!... personne!
(Redescendant et revenant près de Jean.)
Si tu savais Qu'au péril de mes jours, de mon honneur, peut-être.
J'ai pénétré dans ce palais!
Pour venger ton trépas, pour immoler ce traître!
JEAN, avec désespoir.
Qui l'a trop bien mérité !
BERTHE, avec convictioa, et lui saisissant la main.
N'est-ce pas?
Mais que du moms le ciel, à défaut de mon bras...
FIDÈS, vivement.
Ah ! ne le maudis point !
BKRTHE, étonnée.
Lui!
HDÈS.
Ne maudis personne!
J'ai retrouvé mon flls, la haine m'abandonne! Partons.