SCÈNE VIÏI
Les précédents, PIÉTRO, BORELLA, quelques conjurés.
PIÉTRO
Par le peuple conduits, marchant d'un pas docile. Les magistrats napolitains Viennent déposer dans tes mains Les clés des portes de la ville,
(Apercevant Alphonse.)
Que vois-je, juste ciel ! le fils du vice-roi !
MASANIELLO
Que me dis-tu, Piétro ? ■•
PIÉTRO
Lui-même est devant toi.
30 l'A MUETTE DE PORTICI.
ENSEMBLE
PlÊtRO.
Du transport qui m'anime Il sera la victime :
Qu'il craigne mon courroux !
Un hasard favorable Permet que le coupable Tombe enfin sous nos coups.
MASAMELLO.
Je sens qu'en sa présence Les torts de sa naissance Réveillent mon coiuroux.
Mais plus fort que la haine, Le serment qui m'enchaîne Le dérobe à leurs coups.
ALPHONSE
Funeste destinée !
Ah ! qu'une infortunée Échappe à leur coiuroux!
S'ils épargnent sa vie, Je brave leur furie ; Mon sort me sera doux.
ELVIRE
J'attends avec constance L'aiTêt de leur vengeance Qui doit me joindre à vous.
Le péril nous rassemble :
Si nous mourons ensemble, Mon soit me sera doux.
PIÉTRO ET Llî CHOEUR.
Oui, c'est lui que le ciel livre à notre com-roux. Oui, tu nous l'as promis ; qu'il tombe sous nos coups.
ALPHONSE, à Piétro.
Farouche meurtrier, je brave ton courroux.
Viens me donner la mort ou tomber sous mes coups.
(ils lèvent tous sur Alphonse leurs poignards. Fenella se jette entre eux ( Alphonse.
FENELLA. Elle couijt à soi; îrère, et par ses gestes elle lui dit : U était san asile, sans défense; il est ^enu en suppliant vous demander un asile; vous 1 lui avez accordé, vous l'avez reçu sous votre toit, vous lui avez juré protec tiou, <t voui le laisseriez immoler! ces murs seraient teint* de son «aogl