‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 53 sur 349 · ISOLIER, LE GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

ISOLIER, LE GOUVERNEUR

LE GOUVERNEUR

Je ne puis plus longtemps voyager de la sorte.

ISOUER.

Eh bien ! reposons-nous sous ces ombrages frais.

LE GOUVERNEUR

Pourquoi m'avoir forcé de quitter notre escorte Et m'amener ici ?

ISOLIER, à part, regardant à gauche.

J'avais bien mes projets...

Voilà donc le château de ma belle cousine!

Si je pouvais l'entrevoir... Quel bonheur! Mais, loin de pai'tager l'ardeui" qui me domine, Elle ferme à l'amour son castel et son cœm".

[Au gouverneur qui s'est assis.)

Eh ! monsiem' le gouverneur, Reprenez-vous un peu courage?

LE GOUVERNEUR

Maudit emploi ! maudit message !

Monseigneur notre prince, auquel je suis soumis, M'ordonne de chercher le comte Ory, son fils, de démon incarné, mon élève et mon maître,

Qui, sans mon ordre, de la cour

S'est avisé de disparaître.

ISOLIER, à part.

Pouj- jouer quelque nouveau tour.

LE GOUVERNEUR

On le disait caché dans ce séjoui'.

Comment l'y découvrir?... Comment le reconnaître?

ISOLIER

Vous devez tout savoir... D'être son gouverneur N'avez- vous pas l'honnem'?

LE GOUVERNEUR

Oui! quel honneur!

AIR

Veiller sans cesse, Trembler toujours Pom' son altesse ^

ACTB T, SCÈNE V. 45

Et pour ses jours...

Du gouverneur

D'un grand seigneur, Tel est le profit et l'honneur, (^uel honneiu:- d'être gouverneur !

A la guerre comme à la chasse, Si quelque péril le menace, Il faut partout suivi-e ses pas.

Dût-il me mener au trépas !

Veiller sans cesse,

Trembler toujours, etc., etc., etc.

Et s'il est épris d'une belle, 11 me faut courir api'ès elle ; ToTit en lui faisant des sermons Sur le danger des passions.

Veiller sans cesse,

Comir toujours,

l'oiu- son altesse

Ou ses amours :

Du gouverneur.

D'un grand seigneur.

Tel est le prolit et l'honneur.

Quel honneur d'être gouverneur ?

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