‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 66 sur 349 · ACTE II, SGÊNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SGÊNE III

De ma reconnaissance.

Quoi! l'excès vous offense!

Ah ! sans votre assistance, Hélas! lorsque j'y pense...

Quel était notre sort!...

Je tremble encor!...

LA COMTESSE, avec bonté, et lui tendant la maiiL.

Calmez le trouble de votre àme.

LE COMTE, pressant sa main sur ses lèvret.

Ah ! Madame !

LA COMTESSE, souriant.

Quel excès.de frayexir!

U fait battre mon cœur.

ENSEMBLE

LA COMTESSE

Ah ! vous pouvez sans crainte Braver le comte Ory.

Ici, dans cette enceinte, I On peut rire de lui.

LE COMTE, à part.

Même dans cette enceinte, Ci-aignez le comte Ory.

(Haut.)

On le dit téméraire.

LA COMTESSE

Je brave sa colère.

le'comte.

On prétend qu'il vous aime.

LA comtesse.

Lui!... Quelle audace extrême!

le COMTE.

A vos genoux S'il implorait sa grâce, Madame, que feriez-vous?

LA COMTESSE

D'une pareille audace

La honte et le mépris

Seraient le prix.

60' L£ COMTE OFIY.

ENSEMBLE

LA COMTESSE

Le téméraire Qiii croit nous plaire^ En vain espère Etre vainqueui' ; Moi je préfère L'amant sincère Qui sait nous taire Sa tendre ardeur...

Mais on doit rire Du faux délire Et du martyre D'un séducteur.

Beauté si lière.

Prude sévère.

Bientôt j'espère Toucher ton cœur; Je ris d'avance De sa défense ; La résistance Est de rigueur...

Puis l'heure arrive Où la captive, Faible et plaintive, Cède au vainqueur.

LA. COMTESSE

Voici vos compagnes fidèles.

(Se reprenant)

Je les entends... ce sont eux.,, ce sont elles!

\A part et regardant par le fond.)

Mes chevaliers! sous ces humbles habits!

LA COMTESSE, montrant une table qu'on a apportée à la fin du duo.

J'ordonne qu'on vous serve et du lait et des fruits.

Quelle bonté céleste!

(il baise avec respect la main de la comtesse, qui sort en le regardant ave< intérêt. Le comte la suit quelque temps des jeux; puis il dit en moutran la Uble : )

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