ACTE II, SCÈNE lï
ISOLIER
Le duc mon maître.
Il m'a chargé de vous faire connaître Que les preux chevaliers...
DAME RAGONDE
Parlez, mon cœur frémit.
ISOLIER
Qu'on attendait demain, anivent cette nuit.
TOUTES
Quoi ! nos maris... bonté divine !...
ISOLIER
Seront de retoiu"à minuit.
Oui, dans l'aïdeur qui les domine, Ils veulent en secret vous surprendre ce soii'.
TOUTES
Ah ! cet heureux retour comble tout notre espoir !
ISOLIEB.
Le duc le croit aussi ; mais il pense en son âme
gu'un mari bien prudent prévient toujours sa femme, n bonheur trop subit peut être dangereux,
DAME RACONDE.
Quoi ! nos maris enfin reviennent en ces lieux ! Ail ! le ciel les devait à nos vives tendresses. Je cours en prévenir nos aimables hôtesses.
ISOLIER, Farrètant.
Et qui donc ?
DAME RAGONDE
Quatorze vertus...
Que le comte Ory, votre maître, Poursuivait.
ISOLIER
De terreur tous mes sens sont émus.
Achevez... ce sont peut-être Des pèlerines ?
DAME RAGONDE
Oui, vraiment.
ISOLIER
C'est fait de nous... Sous ce déguisement Vous avez accueilli le comte Ory lui-même. Et tous ses chevaliers.
TOUTES
Ociell
LA COMTESSE
Terreur extrême!
DAME RAGONDE
Que dire à mon mari, trouvant en ses foyers Sa chaste épouse avec quatorze chevaliers ?
TOUTES
Hélas ! à quel péril sommes-nous réservées ?
ISOUER.
Une heure seulement, et vous êtes sauvées. On va nous secoiirir... il faut gagner du temps.
TOUTES
Hélas ! hélas ! je tremble !
LA COMTESSE
Plus terrible à lui seul que les autres ensemble, Le comte Ory... le voici... je l'entends.
(Toutes les dames s'enfuient en poussant uu grand cri. Isolier va souffler II lampe qui est sur le guéridon, puis, s'enveloppant du voile que la comtes vient de quitter, il se place sur le canapé , et fait signe à la comtesse d s'approcher de lui.)