SCÈNE IV
GUILLAUME, JEANNETTE et les jeunes filles, occupées à
blanchir.
GUILLJ^UME, la regardant sortir.
Guéris- toi, me dit-elle!., à dire c'est facile ; Mais moi qui suis loin d'être habile, Par quels moyens y parvenir ?
JEANNETTE, qui s'est levée, et s'est approchée de lui.
Pauvre garçon, quel chagrin est le vôtre!
GUILLAUME
Jeannette, par bonté, daignez me secourir !
Dun amour malheureux, comment peut-on guérir?
JEANNETTE
Un seul moyen.
GUILLAUME
Lequel ?
JEANNETTE
C'est d'en aimer une autre !
GUILLAUJIE.
Vous croyez?
JEAKHETTE.
J'en suis sûre.
GUILLAOJrE.
Eh bien ! par amitié Aimez-moi, je vous prie, ou du moins par pitié,
JEANNETTE, riant.
Vraiment?
(Appelant ses compagnes.)
Est-il possible D'être insensible Aux feux d'un jouvenceau
Si beau!
Il veut qu'on l'aime.
Et de soi-même On l'aimerait sans ça
Déjà.
GUILLAUME
Vous VOUS riez de moi! vous riez de mes peines !
(Aux autres jeuues filles.)
Mais vous, soyez moins inhumaines !
TOUTES, le raillant.
Est-il possible D'être insensible Aux feux d'un jouvenceau Si beau !
Il veut qu'on l'aime, Et de soi-même On l'aimerait sans ça Déjà.
GUILLAUME, furieux.
Être aimé...' n'est donc pas possible, Et pour y parvenir il faudrait se damner; A Lucifer lui-même il faudrait se donner.
ENSEMBLE
JEANNETTE ET LES JEUNES FILLES, riaur.
Est-il possible D'être insensible Aux feux d'un jouvenceau Si beau !
Il veut qu'on l'aime, Et de soi-même On l'aimerait sans ça Déjà.
GUILLAUME, à part, se désespérnnl.
Est-il possible D'être insensible Aux tourments Qu'ici je ressens ?
Tout m'abandonne.
Jamais personne N'aura, je crois.
Pitié de moi.
(On entend plusieurs sons de trompette, on voit accourir tous les gens du
village.)
JEANNETTE
Quel bruit soudain se fait entendre?
Pourquoi tout le village ici vient-il se rendre ?