ACTE n, SCÈNE I
Et leiir félicité!
Dans ce joiir le courage
S'unit à la beauté.
FONTANAROSE , à table et mangeant.
Plaisirs doux et précoces.
Qui ne nous trompent pas.
Moi, ce que j'aime dans les noces.
Ce sont les grands repas!
TEREZINE, regardant autour d'elle, à part et avec inquiétude.
Mais Guillaume ne paraît pas.
CHOEUR
Chantons ce mariage Et leur félicité !
Dans ce jom- le courage S'unit à la beauté.
ÎTTE, se levant de table et s'aTançant près de Térùiue avec plusieurs de ses compagnes.
PREMIER COUPLET
Habitants du bord de l'Adour, Vous savez que sur ce rivage On parle toujours sans détour; Du pays Basque c'est l'usage!
Des fillettes de ce village Interprète pour un moment.
Je viens, dans mon simple langage, Vous adresser leiu' compliment.
Que le ciel vous donne en présent Paix et bonheur en mariage.
Et qu'il nous en aiTive autant!
(Lui présentant un bouquet.)
Que la mariée en ce jour
Joigne à sa parure nouvelle.
Comme gage de notre amour.
Ces fleurs qui sont moins fraîches qu'elle!
D'une destinée aussi belle,
Que l'avenir est séduisant !
Et tout bas, chaque demoiselle
Dit comme moi dans ce moment...
Que le ciel vous donne en présent
Un époux aimable et fidèle.
Et qu'il nous en envoie autant !
FONTANAROSE , se levant et s'adressant aux mariés.
Puisque l'on chante ici, couple aimable et fidèle, Je veux aussi payer mon écot en chansons.
(Tirant de sa poche plusieurs petits livrets brochés. )
De mon recueil voici la plus nouvelle; Avec la mariée ici nous la dirons.
(Remettant un des livrets à Térézine et lui indiquant l'endroit où il faut chanter.)
Le Sénateur, la Gondolière.
BarcaroUe à deux voix et chanson étrangère ! Je fais le sénateur, et vous la gondolière.
PREMIER COUPLET
« Je suis riche, vous êtes belle, « J'ai des écus, vous des appas !
« Pourquoi Zanetta la cruelle, « Pourquoi ne m'aimeriez-vous pas?
TÉRÉZINE.
« Quelle surprise « Et quel honneur!
« Un sénateur « De Venise « D'amour venir me supplier!...
« Mais je suis gondolière,
« Et je préfère « Zanetto le gondolier !
ENSEMBLE
TÉRÉZINE.
« Non, non, c'est trop d'honneur, « Monsieur le sénateur. »
DEUXIÈME COUPLET
FONTANAROSE.
« Emmène-moi sur ta gondole, « Mes trésors charmeront tes jours ' « L'amour est léger... il s'envole!
« Mais les ducats restent toujours !
TÉRÉZINE.
« Quelle surprise « Et quel honneur!
« Un sénateur « De Venise « A son sort veut me lier !
'acte II, SCÈNE II. 97
« Mais je suis goadolière,
« Et je préfère « Zanetto le gondolier.
ENSEMBLE
TÉRÉZINE.
« Non, non, c'est trop d'honneur, « Monsieur le sénateur.
FONTANAROSE.
« Allons, plus de riguem* ; « Écoute un sénateur. »
On danse, et à la fin du ballet paraît un tabellion, le contrat à la main.) JOLI-COEUR.
0 doux aspect ! c'est monsieur le notaire Qui vient pour nous prêter s»n noble ministère !
(Tout le monde se lève.) TÉRÉZIJiE, a-vec dépit, regardant autour d'elle, à part.
Guillaume n'est pas là!... quel serait son dépit!
JOLI-CœUR.
Qu'avez-vous?
TÉRÉZINE, à part.
Rien! mais son absence De ma juste vengeance Me fait perdre le fruit.
Joli-Cœur lui offre la main et l'emmène pendant que , uialjjré elle, Térézino
regarde toujours si Guillaume ne vient pas.)
CHŒUR
Chantons ce mariage Et leur félicité !
Dans ce jour le courage S'unit à la beauté.
Ils entrent tous dans la maison de Térézine. Il ne reste en scène que Fontanarose qui, demeuré seul à table, continue à boire et à manger avec la racrae activité. )