SCÈNE III
GUILLAUME, puis JOLI-CŒUR, sortant de l'auberge à droite. GUILLAUME.
De désespoir je reste anéanti.
JOLI-COEUR, à part et avec fatuité.
Que la femme est un être inexprimable et tendi-e ! Tout est prêt, elle m'aime, et veut encore attendre A ce soir pour signer !
GUILLAUME, à part, regardant Joli-Cœur.
Voilà donc son mari !
(S'arrachant les cheveui. )
De ragé j'en mourrai !
JOLI-COEUR, l'appercevant, à part.
Qu'a donc cet imbécile?
(Haut.)
Approche, mon garçon, pourquoi te désoler?
GUILLAUSIE, tristement.
Quand on a besoin d'or, il est si difficile D'en ti'ouver...
JOLI-CŒUR
Pourquoi donc? Tu n'as qu'à t'enrôlcr.
DUO
JOLI-COEUR
Si l'honneur a pour toi des charmes, "Viens dans nos rangs, n'hésite plus.
Aux héros qui prennent les armes J'offre la gloire et vingt écus!
GUILLAUME
Quoi ! l'on trouve en prenant les armes L'honneui', la gloire et vingt ccus?
JOLI-COEUR
Et les amours, qui d'ordinaire Suivent toujours le militaire.
GUILLAUME
Et vingt écus?
iOO ~ LE PHILTRE.
JOLI-CœUR.
Oui, vingt écus !
ENSEMBLE
JOLI-COEUR
Oui, tu peux m'en croire, Au son du tambour T'invite la gloire.
Ainsi que l'amour.
Tout pour la gloire!
Tout pour l'amour!
GDILLAUME.
Ah ! loin de le croire, Je songe en ce jour.
Non pas à la gloire, Mais à mon amom-.
Rien poxu- la gloire !
Tout pour l'amour!
JOLI-COEUR
Eh quoi ! des périls de la guerre Ton coeiu' serait-il alarmé?
GUILLAUME, à part.
L'existence doit être chère Quand on est si près d'être aimé.
(Haut.)
N'importe.
JOLI-COEUK.
Il y consent.
(il tire un papier de sa poche et écrit Teugagement sur la table à droits. GUii^LAUME, pendant ce temps s'avance au bord du théâtre.
Oui, je sais que la vie Dès demain peut m'être ravie ; Mais je dirai : Pendant un jour, Pendant un jour, j'eus son amour!
Et n'est-ce rien qu'un jour
De bonheur et d'amour ?
J0LI-C(*:UR , qui a achevé d'écrire.
Tout est prêt, et tu peux m'en croire, Tu trouveras, n'hésite plus, Et l'amovir et la gloire.
GUILLAUME
La gloire et vingt écus.
Signe !