‹ Théâtre de familleChapitre 22 sur 104 · VILAIN, LA BARONNE · texte numérisé non relu

VILAIN, LA BARONNE

LA IJA RONXE.

Enfin, il est parti, ce grossier personnage! je respire Vois-tu, Vilain, on a toujours tort de fréquenter les manants. Ils ont beau singer les gens comme il faut, lo rustre perce toujours. Cet homme, ce parvenu, sous prélexte de bon voisinage, je le recevais sans façon : et il ose porter SCS vues sur ma fille ! Il ose plus encore, il ose ravaler ma famille, les Mac-lou, les grands Mac-lou d'Ecosse!

VILAIN

Il a eu tort, madame la baronne, il a eu tort; mais, que voulez-vous, i1 a perdu la tête. Quand il a vu que vous méprisiez son fils, ça lui a fait de la peine, à cet homme... Ça m'en fait bien à moi !

LA BARONNE

Je ne méprise pas son fils... Si seulement c'était une fille, le mariage lui enlèverait son vilain nom, en lui laissant sa fortune et ses qualités; malheureusement, c'est un garçon.

LES GL.NTILL.VTP.ES il

Et un lier garçon encore ! c'est le roi des jeunes gens, vaillant, adroit, généreux, infatigable, et avec cela si bon et si peu fier pour le pauvre monde ! Il n'y en a pas beaucoup comme cela, allez.

LA HAKO.NNE.

Mon Dieu, je ne dis pas le contraire. Je lui rends justice, à ce garçon. Il est très-bien, bien mieux que son père; et s'il était comte ou marquis, et môme..., tiens, je ferais en sa faveur une bien grande concession, s'il était simplement vicomte...; mais, que veux-tu, il n'est pas né !

Ainsi, s'il était marquis...?

LA BAftO.N.NE.

Mais, comme il ne l'est pas...

VILAIN

Qui sait? Je me trouve, par aventure, posséder tous les vieux parchemins des marquis de Vaguebois ; et, s'il ne fallait que cela pour vous décider, je les donnerais, et bien vite encore, à monsieur Paul.

LA BARONNE

Eh ! mon pauvre Vilain, que voudrais-tu qu'il en fit? Il les mettrait dans sa bibliothèque comme une curiosité

historique. Les parchemins ne confèrent pas le nom; c'est la naissance. Ta ne connais pas la loi.

VI LAIN

Ma foi, je croyais que les litres, c'était comme un contrat de rentes, et qu'en les donnant...

LA BARONNE

Tu n'y es pas du tout. Pour que monsieur Paul devint marquis de Vaguebois, 11 faudrait que le marquis de VafTuebois, le vrai marquis, fût vivant, qu'il eût cinquante ans, pas d'enfants, et qu'il adoptât monsieur Paul. Tu vois que c'est impossible.

VILAIN

Je vois que c'est bien plus compliqué que je ne pensais.

LA BARONNE

Au fait, tu ferais bien mieux de me les remetlre, ces titres.

VILAIN

Puisqu'ils n'ont pas de valeur... ?

LA BARONNE

C'est égal; ils feraient bien dans ce château. Je les ferais encadrer et les placerais dans mon salon. Si tu veux, je te les achète.

LES GENTILLATRES 43

VILAIN

Je ne les vends pas. Je les donne à monsieui- Paul.

LA BARONNE

Comme tu voudras. Tu as lorl. A propos, lu reprendras tes faisans à la cuisine. Je ne veux rien devoir à ton monsieur Colin.

Elle soil. •

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