SCÈNE XV VILAIN, LE BARON
Le binon a caché sus décorations sous un iinrdessus ; il esl pâle el dcfait. VILAIN.
Vous encore ! Que venez-vous faire ici ?
LE BARON
Je viens faire des excuses.
VILAIN
Des excuses !
LE BARON
Oui, des excuses. Figure-toi qu'au bout de l'avenue, mon pauvre Paul m'attendait, haletant d'impatience. Je n'ai pu lui cacher le triste résultat de ma démarche. Alors, Vilain, le pauvre enfant est devenu si pâle, que j'ai cru qu'il allait mourir II pleure, il parle de s'engager el d'aller se faire tuer...
LES GENTILLATRES 45
vil. A IN.
Monsieur Paul pleure! Monsieur Paul veut se faire tuer!... Cornes-du-diable ! ah! mais, ali ! mais, il faudra voir !
LE BARO.N
Endnje reviens, quoique avec bien peu d'espoir, essayer (le fléchir cette femme orgueilleuse. Je m'humilierai devant elle. Au fait, mon père a peut-être été facteur à la Halle. Qa'ai-je besoin de ces vaines prétentions? Si je ne suis pas baron, je suis un vieux soldat. Tu m'as vu en cam])agne et je ne boudais pas. Ce titre en vaut bien un autre; il vaut mieux qu'un autre même!... Mais non, ce n'est pas cela qu'il faut lui dire. Je m'humilierai. Je ])rofesserai la i)lus haute admiration pour ses Mac-lou d'Ecosse, et, s'il le faut, je me dépouillerai pour Paul de toute ma fortune.
Ah! sapristi, voilà qui est beau! Et moi, je ne pourrai donc rien faire pour lui ? Si nous enlevions la demoiselle ?
LE BARON'
Tu n'y songes pas... As-tu revu la baronn e?
VILAIN
Hélas ! oui, je l'ai revue. Elle est furieuse contre vous, cl ne veut pas démordre de ses prétentions.
LK BARON
Je le l'avais bien dit.
C'est une pimbêche!