SCÈNE V
RAYMOND, puis MADAME MARTIN.
RAYMOND
Oli ! cette fois, je ne puis me ti'omper : cette voi.x, c'est bien elle!... et je vais....
Il s'éluce vers la porte au moment ou madame Martin entre avec un thé.
MADAME MARTIN
Voici le thé demandé. Monsieur sait que ce n'est pas compris dans le prix de la pension journalière.
RAYMOND
Au diable voire thé ! dites- moi... ? |
MADAME MARTIN. 1
Mais c'est du thé de première qualilé. Le grand-duc de | Hesse nous en a fait compliment, et monsieur ne trouverait ; pas le pareil au Lion d'or. \
RAYMOND. '
C'est bon ; mais cette femme, cette femme ? vous dis- ! je... j
MADAME MARTIN
Quelle femme ?
RAYMOND. i
Cette femme qui sort d'ici' '
MADAME MARTIN. j
C'est mademoiselle Antoinette. 1
RAYMOND. j
Mais non ! l'autre, la plus âgée ?
MADAME MAHTIN.
C'est madame de Saldorf.
RATHOND.
Vous dites : madame...?
MADAME MARTIN
Madame de Saldorf.
RAYMOND
Saldorf!... En êtcs-vous certaine?
MADAME MARTIN
Comment ! si j'en suis certaine? Voilà plus de dix ans qu'elle se fournit à l'hùtel pour tous les vins de France; car l'hùtel est connu pour l'excellence de ses fournitures ; Vue superbesurle lac, appartements fraîchement décorés, prix modérés...
RAYMOND, se parlant à lui-même, haut.
Saldorf!... Pourquoi s'appelle-t-elle de Saldorf?
MADAME MARTIN
Mais tout simplement parce que c'est le nom de son mari.
RAYMOND, secouant le bras de madame Martin.
De son mari ! Vous avez dit... de son mari !
AaDAME MARTIN, à part.
Eh mais, qu'a-t-ll donc, ce monsieur? (iiaut.) Certaine-
raent, de son mari, monsieur de Saldorf, un des plus ]
riciies propriétaires du pays. ■
RAYMOND
Saldorf!... Écoutez, madame Martin, il faut absolument -
que je lui parle, à cette madame de Saldorf. Allez, sans '
retard, lui demander pour moi un moment d'entretien I
particulier. Dites-lui... dites-lui que j'ai à lui faire une ;
communication de la plus haute gravité ; allez. \
MADAME MARTIN
Mais, monsieur, et votre thé ? i
RAYMOND
Mais allez donc !... tout de suite allez donc. '
MADAME MARTIN, â part ^
Je crois qu'il a perdu la tête. ■
Elle sotU <