‹ Théâtre de familleChapitre 68 sur 104 · MADAME DE SALDORF, ANTOINETTE, RAYMOND · texte numérisé non relu

MADAME DE SALDORF, ANTOINETTE, RAYMOND

R A VM ON D, très-pâle.

Vous avez désiré, madame, me parler encore une fois ; je mer rends à vos ordres.

MADAME DE SALDORF.

Avant de vous laisser partir, monsieur, je dois à l'ami tidèle de mon mari, je dois une conlidence entière.

RAYMOND

Si vous l'exigez, madame, je vous écoute; mais je dois vous avouer que cet entretien m'est très-pénible.

MADAME DE SALUORF.

Je serai brève et j'ai besoin que vous m'entendiez. Quand mon mari m'eut quittée pour ce fatal voyage, je reçus la nouvelle qu'un de mes oncles se mourait à Francfort, seul, dans une auberge où il était tombé malade. L'absence de mon mari devait durer deux ans. Je n'hésitai pas, je volai au chevet de mon pauvre oncle, que mes soins ont rappelé à la vie. C'est alors que nous reçûmes la fatale nouvelle du naufrage de la Magicienne, Nous revînmes à Paris; nous prîmes toutes les informations possibles. Tout, hélas! confirma mon malheur. J'étais veuve , j'étais jeune, et pressée par ma famille, dont j'étais l'unique enfant, de contracter un nouvel hyménée. Eh bien, monsieur, malgré l'évidence, malgré le temps, malgré tout, il me restait un espoir insensé. Dans l'illusion du sommeil, je revoyais mon mari luttant contre les vagues, pâle, malheureux, mais vivant. Hélas! comment opposer ces rêves, ces illusions, à des documents officiels ? Chaque jour on me pressait davantage, et chaque jour rendait mon espérance plus chimérique. Heureusement pour moi , je trouvai dans l'oncle que j'avais sauvé un cœur généreux qui comprit mes délicatesses et mes répugnances. Il m'offrit son appui désintéressé, et à l'aide d'un mariage simulé...

RAYMOND

Un mariage simulé !

LK KirrOUU D'ULYSSE 161

MAnAME DP. s ALI) OR F.

Oui, un mariage simulé, en pays étranger... Sous son nom, sous le nom de madame de Saldorf, j'ai pu vivre tranquille, honorée, et rester (idèle à mon premier, à mon unique amour, attendant follement un miracle dont vous avez aujourd'inii réveillé l'espérance...

Il A V MONO.

Il serait vrai? ce n'est pas un rôve.,.! Mathilde! Antoinette!... ah! mon Dieu!

Il chancelle et tombe inanimé sur un fauteuil. MADAME DE SALDORF.

Giell des sels, du vinaigre...

Elle se précipite avec Antoinette vers Raymond, qui rouvre les yeux, les contemple avec tendresse et les attire sur son cœur.

RAYMOND

Ma femme! ma fille!... Oh! rassurez-vous, on ne meurt pas de bonheur...

COMÉDIE

PERSONNAGES

HENP.I DE NERIS.

MADAME DE NÉRIS

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