‹ Théâtre de familleChapitre 83 sur 104 · M A HIE · texte numérisé non relu

M A HIE

Écoutez et promettez-moi d'être discrètes. Vous savez déjà qu'il nous arrive aujourd'hui un étranger. On a dit au garde d'apporter du gibier. Le petit Pierre a ratissé les allées du parc. Enfin, ma tante nous a recommandé d'être habillées avant le dîner. Eh bien, mesdemoiselles, vous n'êtes pas sur la voie ?

CAROLINE

Je ne devine pas.

MARIE

Quand tu devineras quelque chose, toi, je Tirai dire à Rome ! Vous saurez d'abord que cet étranger est un jeune homme, riche, d'un beau nom: monsieur de Clary... Eh bien, devinez- vous?

CAROLINE

Je devine qu'il n'est pas vieux.

MARIE

Je viens de te le dire! (EUe rit.) Gomment, un jeune homme riche, aimable, qui arrive dans un château où il y a une demoiselle à marier... Vous ne comprenez pas?Il vient ici pour demander ma main ; il n'y a pas le moindre doute.

CAROLINE

Tiens, et nous! est-ce que nous ne sommes pas à marier?

MARIE

Toi, tu es trop jeune.

Par exemple

MARIE

Plus tard, dans un an, dans deux ans, je te chercherai dans ma société quelque petit mari qui puisse te convenir.

CAROLINE

Merci ! tu peux bien le garder pour toi, le mari que tu m'auras choisi. Je n'en veux pas, et je prétends bien en trouver un sans toi.

MARIE

Mais si l'on ne s'en occupe pas, comment veux-tu

qu'un jeune homme songe à toi? Par quoi lui plairais-tu?

CAROLINE

Tiens, eh bien, toi.! tu crois bien qu'on vient ici pour tes beaux yeux...

Oh! moi, c'est différent; il faut être juste, j'ai mes talents... ^

CAROLINE

Us sont beaux, tes talents !

LOUISE

Vous êtes folles...

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