MA I)A ME DE V AL CE
Oui, ma chère Louise, je suis sa caution. J'avais autorisé cette petite comédie, parce que j'en prévoyais le dénoûment. (a Baptiste.) Vous ne pouviez mieux clioisir. (a Louise.) Eh bien, Louise, qu'en dis-tu, veux-tu prendre à ton service ce vilain domestique ?
LOUISE
Matante, puisque vous croyez, puisque vous pensez...
Elle tend la main à Baptiste.
BAPTISTE
Il me reste à m'excuser auprès de ces demoiselles d'avoir voulu connaître leurs préférences. Ce n'était pas par vaine curiosité : j'ai quelques amis qui pourraient bien remplir leur programme, (a Marie.) L'un est le marquis Pharamond l'Ermite de Kerkariadek. Voilà un nom, j'espère ! C'est un deseendant de Tristan l'Ermite, qui, vous savez, occupait une place très-élevée sous le règne de Louis XI. On croit même que la famille remonte à Pierre l'Ermite qui prêcha la première croisade. 11 désire
épouser une excellente musicienne, et d'après ce qu'on m'a dit...
Vous me flattez.
BAPTISTE, à Caroline.
L'autre est un jeune banquier, tenu par son étal à habiter Paris ; du reste sentimental, comme tous les banquiers. Il voudrait trouver une femme... (a part.) comment vais-je dire? Bail ! (Haut.) très-spirituelle, et je crois que vous lui conviendrez.
CAROLINE
Vous êtes trop bon-
BA PTISTE, à Louise.
Pour moi, je désirais une femme douce, indulgente et bonne : la réalité dépasse mes espérances.
n offre le bras à Louise.