SCÈNE VIII
BERNARD, puis JEAN LE TORS.
BERNARD
Calme.. . quand elle approche, quand je vais la voir. . . 0 Dieu de bonté ! si elle était libre, je saurais si bien me faire aimer,
à présent! (il ouvre la fenêtre du fond. On voit une plate-forme dégradée
et des ruines au fond.) Elle va venir... non, pas encore... Ah ! ne pas oser courir... Pourquoi m'en ont-ils empêché? La voir... mon Dieu! la voir et mourir!... J'entends... (u va au fenêtre de gauche.) C'est elle! Ah! il fait sombre... mais je reconnais sa voix... à qui donc parle-t-elle ? Quel est ce cavalier qui escorte la voiture? C'est lui... oui, oui, c'est bien lui! Ils passent... n'a-t-elle pas relevé la tète? Non, elle n'a pas deviné que j'étais là !... La voiture s'arrête, elle est là maintenant! (jean
parait sur la plate-forme, Bernard fait un pas vers la fenêtre du fond comme pour voir Edmée plus longtemps, puis s'arrête.) Je ne veUX plus rien Voir,
rien comprendre, je veux mourir voilà tout... (n va désespéré se
jeter contre le lit, la tête dans ses mains et dans les rideaux. En même temps Jean, qui s'est effacé en l'entendant s'approcher, jette de la plate-forme un coup d'oeil sur lui, puis va au bord de la plate-forme, tire un coup de pistolet vers la route du côté où arrive Edmée et disparait. On entend une clameur dans la cour. Bernard
tressaille et se relève.) Qu'est-ce donc?... on a crié, que se passe-
t— il: Rumeurs. — Il va pour sortir. )
THEATRE DE GEORGE s A X 1).