MARCASSE, JEAN
Marcasse est vêtu proprement, quoique pauvrement : il a une sorte de manteau court et drapé sur l'épaule, un chapeau à grands bords, des guêtres. Il porte sa grande épée sous le bras; c'est son outil de chasse, qu'il n'a pas le droit de porter au côté, et qu'il pose ou garde, suivant les besoins de la scène. Il est suivi de son petit chien et introduit par la porte de côté. Le valet qui ramène- se retire .')
JEAN, avec une gravité ironique.
Salut à votre seigneurie, don Marcasse!
MARCASSE
Seigneur, moi? non! Espagnol? non! honnête homme, oui, pour vous servir.
JEAN
Ma foi, vous êtes plus qu'honnête homme, Marcasse, vous êtes homme d'esprit. Cela se voit dans votre physionomie... Eh bien, le métier va-t-il? vous voilà vieux: ! et c'est un dangereux casse-cou, à votre âge, cpue de courir la fouine sur les charpentes des greniers !
MARCASSE
Œil très-bon, jarret très-sûr. Blaireau de même. (Montrant son chien.) Très-bon chien! vieux ami!
JEAN, touchant l'épéa de Marcasse.
Et vieille épée! bonne lame pour larder les rats dans leur tanière? Nous savons cela. Il paraît cependant cpie vous n'avez pas le pied tellement sûr que vous n'ayez fait une chute dernièrement, dans un des bâtiments du château de Sainte-Sévère ?
MARCASSE
Peu de chose, deux trous à la tète, un pied démis, une main foulée.
JEAN
Est-ce vrai que la demoiselle vous a soigné ?