A^■TO^'IO
Ce jeune homme extravague 1 De quelles couleurs se peintil son méi ite et sa destinée ! Bornée et sans expérience, la jeunesse pense èlre l'élue de ce monde; plus que tous elle se croit lout permis! Notre poêle s imagine être puni, et son âge voit un cliàtimeiit dans un bienfait qui inspirerait des actions degràce> à l'homme mûr.
ALPHONSE
Je crains, au contraire, qu'il ne soit trop puni.
ANTONIO
Si tu crois devoir agir doucement avec lui, prince, rendslui la liberté, et que l'épée décide de notre différend.
ALPHONSE
Oui, si ro|«imoa l'exige. Mais, dis-moi, comment as-tu excité sa colère"?
ANTONIO
J'aurais de la peine à te dire de quelle manière la chose s'est passée. Je l'ai peut-être mortifié comme homme; comme genlilliomme, je ne l'ai point insulté : et pour lui, dans la plus grande chaleur de son emportement, aucun mot outrageant n'est sorti de sa bouche.
ALPHONSE
C'est ainsi que j'avais ju^é votre querelle, et tes paroles confiiment encore ce que j'avais d'abord pensé. Quand deux hommes sont aux prises, c'est justice que de tenir pour coupaiile le plus s;ige des deux. Tu n'aurais pas dû t'irriter Comme lui; il te convenait mieux de détourner sa fougue, lî est encore temps d'y remédier : rien dans ^ette aiïaire ne vous
oblige au conibiit. Aussi longtemps que la piiix rloit me rester, ji' veux en jouir flaus uia demeuie. lîami'ues-y le rdlme, cela t'e.4 facile. Léonore Sanvitale peul d'aboi d clieiclier à l'adodcir par de teudies paroles : alors, va vrrs uii, rends-lui la libi I té eu mou nom, et gague sa confiance par des discours nobles et vrais. Fais cela le plus tôt qu'il le ^e^a po>>ible : tu ni parleras comme un ami, comme un père! Je tomiite apprendre <|ue la paix est conclue avant que nous partions pour la viile, et rien ne test impossible lorsque tu le veux. iNous resterons, s'il le laut, une beure de plus, puis nous laisser us les femmes acliever doucement ce que tu auras commencé, et à notre retour elles auront effacé jusqu'à la dernière (race i!e ces vives impie>sions. 11 seinble, Antonio, que lu ne veuilles pas tenter lenlreprise! Tu as à peine accompli une première Uche, tu reviens, et déjà tu t'en prépares une semblable! J'espère que celle-ci ne te réussira pas moins que l'autre.
ANTOMO.
Je suis tout bonteux, et dans tes paroles j'aperçois ma feute comme dans le miroir le plus clair. Ou obéit aisé- . ment au noble prince qui sait joindre la persuasion à 5es ordres.