‹ Théatre de GoetheChapitre 24 sur 382 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

ORESTE, se réveillant de son assoupissement et se levant.

Encore une, encore une dernière coupe d'eau du Léthé, fraîche sourcil de souhigement ! Bientôt la convubion de la vie sera chassée de mon >eu\; bieniôt mon âme, abandonnée au flt'uve de l'uuMi, coulera paisiblt^ment vers vous, puissances des ombres, dans les éternelles ténèbres. SouilVez que le (ils de la tt-rre, qui la parcourt depuis si longtemps sans relâche, aille prendre pari à votre doux repos! — Mais quel murmure entends- e dans ces feuillages? quel bruit léger sort de ce crépuscule? Ils viennent déjà voir leur nouvel liôie! Quelle est cetie tron|)e imposante, semblable à une famdle de princes ra>seniblés? Ils marchent en paix, les vieillards et les jeunes gens, h s hommes avec les femmes. Leurs nobles visages, qui se ressemblent, ont. un air de divinité. Oui, ce ïont les ancêtres de ma famille! — Atrée marche avec Thyesle, et s'entretient familièrement avic lui; leurs enfants se jouent en riant autour d'eux. .N'y a-t-il plus ici d'ininiilié entre \oiis?^La vengeance s'e;t-elle éteinte avec la lumière du soleil? .Alors, s'il est ainsi, je suis aussi le bienvenu, elje

50 I!'I11GE>IE: E>' taup.ide.

ne crains pas de me mêler à votre cortège solennel. Salut, mes pères : (Jieste vous salue, le dernier homme de votre race. Ce que vous avez semé, il l'a recueilli; il est descendu au sombre boni chaigé de malédictions. Tout fardeau cependant se suppoi te [dus (iicilemeiit ici : recevez-moi, oh ! recevez-moi pairni vous. — Je t'honore, Atrée, et toi aussi, Thye.>te; nous bommes ici tous exempts de haine. — Montrezmoi mon père, que mes yeux ne virent qu'une fois dans la vie ! — Est-ce toi, mon père? Quoi ! tu le promènes sans défiance avec ma mère? Si Clytemnestie ose prendre la main. Oreste aussi osera s'avancer près d'elle et lui dire : Vois ton fils! — Voyez voire fils, nommez-le le bienvenu. Sur la terre ce fut toujours le sort de notre famille d'être accueillie pai l'assassinat, et la race du vieux Tanlale a ses joies au delà du tombeau. Vous vous écriez : Sois le bienvenu! et vous m'admettez ilan^ votre sein. Oh! menez-moi vers mon aïeul, ver- Tantale : oij est-il ce vieillard? que je le voie, que je voie cette tète si [irécieuse et si vénéiable qui fut admise au conseil (les dieux. Vous seniblez hé.siter, vous détournez le visage! Qu'y a-t-il donc? l'égal des dieux subirait-il destourmenls? Malheur à moi ! les dieux tout-puissants ont attaché avec des chaînes de fer de cruelles tortures à Tàme de ce héros.

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