‹ Théatre de GoetheChapitre 258 sur 382 · ACTE V, S · texte numérisé non relu

ACTE V, S

LE COLONEL

Ces perfides onl abusé de votre laiblesse pour vous poupse» aux actions les plus condamnables. Que pouvez-vous attendre?

LE CHANOIINE.

Monsieur le colonel...

LE COLONEL

l!assurez-vous, et apprenez d'abord que le prince pense assez noblement pour n'imposer encore cttte lois à votre étonrderie, <à votre lémérité, «ju'une punilion légcie; que dis-je, une punition? il vent plutôt es^ayei-, pour la seconde fois, s'il est pessible de vous corriger et de vous rendre digne de vos ancêtres. Votre éloignement de la cour, qui dure depuis deux ans, vous a bien peu j)rofilé. Je vous annonce que vous êtes libre, mais avec la seule londilion que vous quitterez le pays sous huit jours, en p;éiexlant un long voyage. Tout sera concerté avec votre oncle, que le prince estime particulièrement et honoie de sa conliance. Vous pouvez retourner librement dans votre voiluie, i;près que vous ..utez appris, néanmoins, de quelle njlure est l'afiàire de bijoux dans laquelle vous êtes engagé.

LE CUÂlNOliNE.

Que vais-je apprendre? quel nouveau coup m'attend?

LE COLONEL, au marqui>.

Remettez- moi d'abord les bijoux qui sont dans votre poclie.

LE ilARQUlS.

Des bijoux! je n'eu ai pas connaissance.

UN SUISSE

Il a jeté là-bas quelque chose dans le taillis. Cela ne doit pas être lom.

11 cherche et rapporte la cassette, qu'il présente au colonel. LE COLONEL.

Ne niez pas davantage; tout est connu, (a la marquise.) Où sont les autres pierres? Dites la vérité, vous ne iftouinerez pas chez vous, et chez vous, en ce moment, tout est jous la n. Jl

5G2 LE GRAND COPllTE.

tœl.à. Méritez l'iiidiilgL-iice nvec la [uelle on s'apprête à vous

tuiubl.

LA MARQUISE

Les voici. (EUe présente lécnn.) Je ne pensais pas m'en séparer!

LE COLONEL, au chanoine.

On renrlra les bijoux aux joailliers, el l'on retirera en échange votre obligation. Vous remettrez, de votre côté, la fausse signature de la princesse. Je ne vous retiens plus; vous pouvez vous retirer.

LE CHAKOINE.

Oui, je me retire. Vous m'avez vu confondu; mais ne croyez point que je sois abaissé; ma naissance me donne des droits aux premiers emplois de l'État. Nul ne peut m'enlever ces avantages, et encore moins arracher de mon cœur la passion que je ressens pour ma princesse. Itites-lui combien cette illusion m'a rendu heureux. Dites-lui que toutes les humiliations que j'éprouve ne sont rien auprès du chagrin de m'éloigner d'elle davantage; d'al er chercher un pays où mes yeux ne pourront plus même l'apercevoir ; mais son image et l'espérance ne quitteront pas mon cœur tant que je vivrai : dites-lui cela. Quant à vous, je vous méprise Vous étiez à ma passion ce que l'insecte est à un arbre vigoureux; il en consume le feuillage, et l'arbre perd sa fraîcheur nu milieu de Tété; mais le cœur et les racines sont hors de ses atteintes. Allez ailleurs chercher une autre pâture.

I/e chanoine sort.

LE COLONEL

Pour les autres, ils seront conduits sans bruit et sous bonne escorte à une place frontière, ju>qu'à ce qu'on ait suffisamment examiné s'ils n'ont pas, par hasard, étendu plus loin leurs friponneiies. S'il se trouve qu'ils ne sont impliqués dans aucune autre mauvaise aliaire, ou les mettia lout doucement hors de ce pays, et l'on se délivrera ainsi de cette laœ de tourbes, ils sont justement quatre" une voiture complète.

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