‹ Théatre de GoetheChapitre 279 sur 382 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LOUISE, tricotant près d'une table, où se tronve une lumière; CAROLI^E, endormie vis-à-vis, dans un large fauteuil.

LOUISE, tenant en l'air un bas qu'elle vient d'achever.

Voici encore un bas! Maintenant je voudrais que mon oncle rentrât, car je n'ai pas envie d'en commencer un autre. (Elle se lève et va à la fenêtre.) Il reste aujourd'hui dehors plus tard que de coutume; c'est ordinairement vers les onze heures qu'il rentre, et il est déjà près de minuit. (EUe revient à la table.) Je ne puis juger du bien ou du mal que la Révolution française a causé; je sais seulement qu'elle m'a rapporté quelques paires de bas de plus cet hiver. J'aurais perdu mon temps à dormir, au lieu de l'employer à tricoter comme je

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fais en alleiidaut M. Brème, qui, au lieu de dormir, le passe à causer.

CAROLINE, rêvant.

Non... non... mon père!

LOUISE, s approchant du fauteuil.

Qu'y a-t-il, chère cousine? Elle ne répond pas. Cette bonne Caroline, que peut-elle avoir? Elle est tranquille et pourtant agitée; elle ne ilort pas la miit, et maintenant qu'elle s'est endormie de fatigue, elle parle en rêvant. Mon soupçon serait-il fondé? Le baron aurait-il fait sur elle, en si peu de jours, une impression si prompte et si forte? (s'a^^ançant.) Tu es étonnée, Louise ! et n'as-tu donc pas éprouve loi-même de quelle manière agit l'amour? avec quelle promptitude et avec quelle force?

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