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ACTE I

BRÈME, avec gravité.

Premièrement, mon ami, parce que ma famille a déployé 'i'jà depuis mou grand-père les plus grandes capacités po!i- : :ques. Ce poi trait-là vous représente mon grand-père Herr- :i;inîi Brème de Bremenfeld, qui, par ^on mérite émineul, . été nommé bourgmestre de sa ville natale, à laquelle il a ;eiidu les plus graves et les plus importants serviics. Son ouvenir est encore honoré et béni, quoique de méchants l'oëtes dramali(]ues dans leurs libelles n'aient pas traité, lûinnie il convenait, de rares talents et de certains points l'iii liii étaient particuliers. Sa profonde connaissance de la ^ituatioIl politique et militaire de l'Europe n a pas même été contestée de ses ennemis.

PIERRE

C'était un bel homme; il a l'air bien nourri.

BRÈME

Il est vrai qu'il coula des jours plus tranquilles que son [)etit-fils.

MARTIN

Avez- VOUS aussi le portrait de votre père?

Héias! non. Mais il faut que je vous dise que, lorsque la nature fit naître mon père Josse Brème de Bremenfeld, elle : éserva ses forces, afin d'orner votre ami de ses talents qu'il lésire employer à votre service. Cependant, que le ciel me préserve de vouloii' m'élever an-dessus de mes ancêtres! nous avons maintenant beaucoup plus de lacihté, et nous pouvons jOuer un gi and rôle avec des talents inférieurs.

MARTIiS.

Ne soyez pas trop m3deste, compère!

BRÈME

C'est la pure vérité. N'y at-il pas à présent une foule de 2;!2ettes, journaux et brochures qui nous instruisent de ce q; i se passe et exercent notre intelligence? Si leu mon grand- [lère avait eu seulement la millième partie de ces moyens d'i^istructiou, il aurait été un tout autre homme. Mn^. me? enfants, que parlé-je de moi! Le temps passe, el je crains que

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le jour n'arrive. Le coq non? avertit de nous expliquer en peu

de mois. Avez-vous du courage?

ALBERT

Moi et les miens nous n'en manquerons pas.

PIERRE

Parmi les miens il se trouvera bien quelqu'un qui voudra se mettre à la tète, car je vous prie de m'en dispenser.

JIARTIN.

Depuis les deux derniers sermons que le magister a faits, parce que le vieux ministre est malade, tout le village est en mouvement.

BRÈME

Bien ! c'est ainsi qu'on réussira. J'ai calculé que nous pourrions compter sur plus de six cents hommes. Si vous voulez, c'en est fait la nuit prochaine.

MARTIN

La nuit prochaine?

BRÈME

Minuit ne reviendra pas que tout ce qui vous appartient ne vous soit rendu, et encore davantage.

PIERRE

Si vite? comment serait-il possible?

ALBERT

Vite ou jamais.

BRÈME

La comtesse arrive aujourd'hui ; il ne faut pas lui donner le temps de se retourner. Venez à la nuit tombante devant le château et réclamez vos droits; demandez une nouvelle expédition de l'ancien recès; dictez encore quelques petites condilions que je vous indiquerai; faites-la signer, faites-lui prê ter serment, et tout sera fini.

PIERRE

Mes membres tremblent à l'idée d'une pareille violence.

ALBERT

Fou ! ce n'est pas à celui qui fait violence à trembler.

MARTIN

liais il leur est facile d'envoyer un régiment de dragons

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