SCÈNE JIl
IPHIGÉiME, seule.
Les paroles de cet homme ont tout à coup bouleversé mon cœur, au moment où il devrait être calme. Je tremble... Car, de même que le flot dont les vagues s'enflent rapidement va laver les rochers semés sur le sable, ainsi un torrent de joie inondait toute mon âme. Je tenais l'impossible dans meS bras. Il me semblait qu'un doux nuage vepait encore m'entourer, m'enlevait de terre, et me berçait assoupie comme à l'instant oià la bonne déesse me saisit de son bras libéra- Veur. — Mon cœur s'attachait avec une l'orce singnlière à mon frère; je n'écoutais que les conseils de son ami; mon àme n'aspirait (ju'à les sauver; et, comme le pilote qui tourne le dos aux écueils d'ime île déserte, je laissais derrière moi la Tauride. .V.aintenant la voix de cet homme fidèle m'a réveillée et m'a rappelé qnej'abandonne aussi des hommes en ce lieu. L'imposture me devient doublement odieuse. Calme-toi, ô